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C’est au gré d’une rencontre, presque fortuite, à Paris entre l’éditrice Kadiatou Konaré (Cauris Editions) et Moussa Ag Assarid, jeune Touareg auteur du livre « Il n’y a pas d’embouteillage dans le désert » que la décision de présenter cet ouvrage au public malien a été prise. Ainsi, le lundi 13 octobre 2006, ce qui avait été un rêve pour l’auteur se réalisa : la présentation du livre aux Maliens.

Devant un parterre de journalistes, d’élèves et quelques amis des belles lettres, Moussa Ag Assarid, une foudre de l’éloquence a fait un compte rendu, on ne peut plus attrayant, de son « exil » parisien.

Moussa est très attaché au Mali, son pays, qui n’a, à ses yeux, d’égal. « J’aime voyager, et parmi tous les pays que j’ai visités en Europe, aucun ne vaut « Maliba« , le grand Mali », a déclaré l’auteur.

Il est vrai que ce jeune écrivain a eu de la chance, mais
il ne s’est pas improvisé écrivain. Déjà élève au Lycée Bouillagui Fadiga, il se faisait remarquer par ses talents de poète.

« Moussa était présent à tous les Clubs : Unesco, AEEM, Jeunesse OUA… et il était le conseiller qui nous a permis d’éviter plusieurs situations dramatiques« , a reconnu un de ses anciens camarades du Comité AEEM du Lycée Bouillagui.

En ce qui concerne son oeuvre, Moussa Ag Assarid en parle avec enthousiasme. Ce jeune auteur qui se réclame d’Amadou Hampaté Bah, qu’il considère comme son père spirituel, n’a pas tari d’expressions pour décrire ce qu’il a observé à Paris et ailleurs en Europe.

C’est avant tout le regard d’un étranger sur la culture occidentale, un regard que la presse spécialisée considère à l’Hexagone comme un miroir tendu à la société Française. « Je pense que mon livre est une méditation sur les choix de vivre en Occident« , a estimé l’auteur.

Moussa Ag Assarid ne veut pas être un donneur de leçons, il préfère ne pas critiquer, ni juger. « Ce que j’ai écrit, c’est ce que je pense« , a-t-il reconnu.

L’entrée de Moussa Ag Assarid dans le monde de la littérature a un petit parfum de bonheur inespéré. Tout semble avoir commencé dans un TGV où la chance a voulu qu’il soit l’heureux gagnant de ce qui ressemble à une loterie récompensant le milliardième voyageur du TGV.

Le butin est un voyage partout où passe le TGV français à travers l’Europe. Vif d’esprit, le jeune touareg propose à RFI de faire le récit de son voyage sur les ondes. A Montpellier où il a rencontré un éditeur à tout hasard, le projet de l’édition d’un livre est né.

Le professionnel du livre avait peut être flairé l’intérêt littéraire du regard du jeune touareg sur la France. Muni d’une avance sur l’édition de l’ouvrage, Assarid saute dans un avion pour se ressourcer dans les campements touaregs.

Pendant plusieurs, mois, il médite et écrit ses souvenirs du désert, comme le souhaitaient les Editions Presses de la Renaissance : une sorte de prologue des aventures de Assarid en France.

Soumaïla T. Diarra

14 novembre 2006.