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Créée en 1916, l’école de Mourdiah est l’une des anciennes créations au Mali. Elle a formé plusieurs cadres de ce pays dont le Père de l’indépendance du Mali, feu Modibo KEITA.
Le beau frère du sous-préfet de Mourdiah, Amadou Oumar Touré enseignant au second cycle de ladite localité se livrait à des comportements qui déshonorent la profession enseignante.

Il déshabillerait ses élèves pour leur infliger une correction. Alors que le châtiment corporel est formellement interdit par la loi. Et pire, l’acte de déshabiller les élèves est un comportement qui ne saurait avoir une autre qualification qu’un attentat à la pudeur ou tout simplement de la pédophile.

Selon nos sources, l’enseignant ne serait pas à sa première fois. D’ailleurs, une fille a subi ce comportement inhumain.

Les faits

Pendant la période du 3ème trimestre et à l’intervalle des deux premières matières, M. Amadou Oumar Traoré est venu extraire l’élève Sory Koné de la classe pour lui infliger une bonne correction. Non satisfait de la première correction, il s’est épaulé pour une seconde fois de Mme Sacko, nouvellement nommée à la place de M. Bakary Kouyaté.

Ils le font subir l’épreuve de par quatre. Il était complètement déshabillé. N’eut été l’intervention d’un autre collègue, l’élève allait se trouver dans une situation de coma.

Choqués et indignés par l’acte, les filles prennent la poudre d’escampette. E la nouvelle fit le tour de la ville comme une traînée de poudre.
Alertés, les parents de Sory ont aussitôt rencontré le directeur d’école qu’il leur a proposé de gérer la situation à la fin des compositions.

Selon nos sources, l’enseignant aurait chargé Sory Koné d’appeler Mlle Madina Traoré, une élève âgée de 12 ans environ. Toute chose que Sory refusa en bloc.

Impatients, les parents de la victime accompagnés du chef de village et quelques conseillers rencontrent le 1er adjoint du maire du nom Douti Diarra qui les conduisit chez le sous-préfet (beau frère de l’enseignant). Ce dernier refusa de se mêler de l’affaire. Pour la simple raison qu’il avait lui-même donner des conseils à son beau.

Le Commandant de Brigade (CB) de la gendarmerie a été aussi saisi de l’affaire le même jour. Et c’est ainsi que le chef du village M Bakary Diarra téléphona au DCAP de Nara et le Président du conseil de cercle pour trouver une solution au problème.

Les notabilités, ayant épuisé toutes les voies de recours, décident de gérer eux-mêmes la situation. Avant qu’ils ne passent à l’acte, ils alertent le CB pour lui dire qu’il ne faudrait pas que l’enseignant passe la nuit au village.

Entre temps, le directeur réunit ses collègues pour tenter de trouver une solution durable à la situation. En conclusion, ils se proposent de présenter leurs excuses aux parents de Sory. Cette proposition a été rejetée en bloc par un autre directeur du premier cycle.

Finalement, les jeunes se rendent au domicile de l’enseignant pour lui infliger la même correction qu’il faisait subir à ses élèves. Ils l’ont traîné jusqu’à l’école.


Les dessus de cette crise

L’école a jusque là présenté de bons résultats. Nommé directeur depuis 4 ans, M. Bakary Kouyaté a mis les choses en ordre. Chose qui a fait des jaloux.

Politiquement, M Bakary Kouyaté était candidat aux élections législatives dernières sous les couleurs de Mouvement Citoyen. Et de l’autre côté, la Mairie de Mourdiah est piloté par le RPM.
Questions: pourquoi cette crise a pris de l’ampleur aux yeux des autorités politiques, administratives et de la protection civile?
Le mardi dernier, 13 autres et M Bakary Kouyaté ont été arrêtés. Et le jugement est prévu ce mardi. Dans cette histoire, les malheureux sont au nombre de deux :

La première victime, selon nos sources, a été Sory. Il n’a pas pu faire le D.E.F.

La deuxième victime est le Directeur de l’école, Bakary Kouyaté. Il a été relève et muté à Nara.
L’enseignant en question est présentement à Bamako pour raison de soins.

Les ressortissants de Nara et de Mourdiah résidant à Bamako, se sont réunis pour demander la libération de leurs frères.
Question : Le châtiment corporel est-il interdit oui ou non?
Peut-on déshabiller un élève et le prendre par quatre ? Si non quelles doivent être les sanctions prévues par la Loi ?

Abibou T. TRAORE

16 Juin 2008