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Les partis de l’opposition sud-africaine ont déposé jeudi au Parlement une motion de censure contre le président Jacob Zuma. Dans un rare mouvement d’unité, les huit partis d’opposition représentés au Parlement ont demandé à l’Assemblée nationale de voter contre Zuma. Selon la Constitution, le président et son gouvernement doivent démissionner si l’Assemblée nationale adopte une motion de censure. La démarche de l’opposition n’a a priori aucune chance de succès, l’ANC disposant de 264 sièges de députés sur 400. Aucune date n’a été fixée pour le vote, que l’opposition souhaiterait à bulletins secrets afin que des députés ANC puissent voter contre Zuma. La présidente du groupe parlementaire de l’Alliance démocratique (DA) –principal parti d’opposition– Lindiwe Mazibuko, a expliqué aux députés que Zuma était responsable d’un affaiblissement et d’une inquiétante politisation du système judiciaire, d’une spirale de corruption, de la montée du chômage et du ralentissement de l’économie. La motion de censure intervient alors que Jacob Zuma –qui veut se succéder à lui-même au congrès de l’ANC en décembre– est en outre très critiqué pour avoir fait rénover aux frais du contribuable sa vaste demeure du KwaZulu-Natal (est), alors que des millions de Sud-Africains vivent toujours dans des bidonvilles. L’ANC a qualifiée de « frivole » la motion de censure, « un coup de publicité désespéré, sinon stupide », a estimé le parti. AFP