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Une déclaration du PDG du groupe Azalaï Hôtels, lors de la session 2 de l’Incubateur de la Transformation du mouvement « Transformons le Mali ! » ; le samedi 19 janvier à Impact Hub. La conférence animée en ce sens, par ce dernier et Nènè Keïta, PDG de Diaspo Hub, a été le cadre de partage d’expérience et d’échange autour des « défis et perspectives » pour entreprendre en 2019.

Pour le PDG du groupe « Azalaï Hôtels », l’entrepreneuriat au Mali est semé d’embuches. Mais le champ reste fertile et surtout vaste pour tout ceux qui souhaitent se lancer. On ne peut que lui accorder cette vérité sachant qu’au Mali, beaucoup de choses restent encore à faire. Nombreux sont les secteurs qui manquent cruellement d’offre, tels que : le secteur du numérique, du minier, de l’agro-alimentaire, du textile etc…

Les défis de l’entrepreneuriat pour les convives du mouvement « Transformons le Mali » restent la difficulté d’accès au financement, les questions de fiscalité pour certaines filières, mais aussi et surtout, le manque de qualification de la main d’œuvre qui obstrue la voie à l’innovation et à la R&D (Recherche et Développement).

Pour M. Bally, l’effondrement du système éducatif qui d’antan, consistuait l’un des meilleurs de la sous-région, est un défi des plus alarmants pour développer la compétitivité de notre économie mais aussi pour réduire le taux élevé de chômage chez les jeunes. Il déplore l’inadéquation entre la formation et la demande d’un marché de l’emploi de plus en plus évolutif. « La plupart des jeunes qui arrivent dans le marché, n’ont pas de qualification » dit-il. Il prône ainsi une réforme du système éducatif dont lui-même est acteur, pour avoir créé une école hôtelière de formation en alternance qui a formée à ce jour, 150 jeunes dont 95% sont aujourd’hui salariés.

Selon lui, le système éducatif malien « produits des chômeurs ». Comme piste de solution, il propose des formations qui répondent aux besoins du marché comme les formations professionnelles qui ont le mérite d’être empiriques. D’autre part, M. Bally marque un peu de réserve dans ses propos pour dire que « l’on peut devenir un excellent entrepreneur sans avoir suivi de formation ». Pour lui tout est une question d’intelligence et de savoir prendre des risques en proposant des solutions pertinentes qui peuvent être compétitives sur le marché mondial.

La difficulté d’accès au financement et l’inexistence de solutions idoines ont aussi été l’un des défis majeurs auxquels se sont penchés les « speakers » lors de cet échange interactif. Faisant allusion aux différents modes de financement des entreprises d’autres contrées, M. Bally propose ainsi la diversification du système de financement des PME au Mali. Il propose ainsi le crowdfunding, le développement du financement à guichet unique, la Méso finance (cas de COFINA) etc…

La pertinence de l’offre de l’entreprise a aussi été soulevée. Pour M. Bally, « Tous les secteurs au Mali sont porteurs » grâce à l’existence d’opportunité. Avec un petit penchant pour le secteur numérique, Mme Nènè Keïta soutient aussi cette analyse. Pour elle, avec toutes les innovations qui sont en cours dans le monde, l’Afrique aussi doit apporter sa pierre à l’édifice futuriste que constitue aujourd’hui le secteur du numérique ; sans oublier les autres secteurs qui ont aussi du vide à combler !

Aïssata Keïta

Bamako, le 21 Janvier 2019

©AFRIBONE