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La décision du tribunal de première instance de Koulikoro de mettre en liberté provisoire les présumés auteurs du saccage de la mosquée de Kénenkoun (région de Koulikoro) est restée au travers de la gorge des habitants. Ils mettent en garde la justice à ne pas rendre une décision fâcheuse.

Le 13 janvier 2008 la mosquée de Kénenkoun, située à 45 km de Koulikoro qui était en chantier, a été saccagée par des individus fermement opposés à sa construction. Suite à cet acte de vandalisme, la gendarmerie de Koulikoro a procédé à des enquêtes pour mettre la main sur d’éventuels auteurs. C’est ainsi qu’ont été mis aux arrêts Bakary Kané, Abdoulaye Fané, Soumaïla Kané, Moussa Kané, Tidiane Kané, Sidi Kané, Bayoussou Kané…

Placées sous mandat de dépôt depuis janvier, les personnes incriminées ont comparu le 15 février dernier devant le tribunal de première instance de Koulikoro pour répondre de leur crime. Mais pour des raisons humanitaires comme l’a avancé le tribunal après l’intervention du représentant du ministère public, les accusés ont bénéficié de la liberté provisoire en dépit de l’insistance des avocats de la partie civile de les maintenir en prison jusqu’au jour du procès.

Par cette décision, le tribunal de Koulikoro s’est attiré les foudres de colère des victimes de la casse. Selon ces derniers, la justice veut encore une fois banaliser cette affaire. Or, pour eux, c’est une question de vie ou de mort. Ils demandent à la justice de prendre toutes ses responsabilités en infligeant aux auteurs du saccage des sanctions à la dimension de leur crime.

Mais avertissent-ils, « si la justice classe cette affaire sans suite ou rend une décision légère nous allons nous assumer. Nous n’allons plus nous laisser faire car trop c’est trop ».

Les auteurs du saccage de la mosquée de Kénenkoun ne sont pas à leur premier forfait. Ils ont eu dans le temps à boucher les soubassements du chantier et à arracher les poteaux d’attente.

De sources bien informées indiquent que dans cette affaire, sont impliqués Bakoroba Kané, imam de la 2e mosquée qui sert de lieu de réunions des opposants, Batiékoro Berthé, Badjan Kané et Bakary Barry.

Pour mémoire, c’est une partie des Kané qui est opposée à la construction de la nouvelle mosquée au motif qu’ils sont les propriétaires terriens. Mais à l’opposée, les initiateurs de la nouvelle mosquée ont reçu mandat du gouverneur de la région de Koulikoro, du préfet, du chef de village pour y ériger ce lieu de culte afin de désengorger la 1ère mosquée de vendredi.

Les accusés sont cités à comparaître mardi prochain pour s’expliquer sur les mobiles de leur acte.

Mohamed Daou

28 février 2008.