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jpg_une-94.jpgLahcen Laandour, selon certaines informations, est arrivé au Mali le vendredi 16 janvier. Il avait pris une chambre à l’hôtel Fouta de Baco Djicoroni ACI, tenu présentement par un Chinois. Il devait prendre attache avec un certain Fadé Mamadou sur recommandation d’un Algérien. Mais, selon certains témoignages, c’est le lendemain de son arrivée à Bamako que Lahcen Laadour va téléphoner à Fadé Mamadou.

Lorsque celui-ci arrive à l’hôtel, il trouve le Marocain en train de se reposer. Il ne jugea pas utile de le déranger. Le lendemain, dimanche 18 janvier, Fadé se serait mis à téléphoner à Lahcen Laandour, mais ses multiples appels tombaient toujours sur le répondeur. Vers les coups de 18 heures, il se décida enfin à effectuer une deuxième visite à l’hôtel Fouta pour s’enquérir des nouvelles de celui qu’il considérait un peu comme son hôte.

Le réceptionniste dira que le Marocain n’était toujours pas sorti et que son portable était à la recharge à la réception, raison pour laquelle ses appels tombaient systématiquement sur le répondeur. A la demande de Fadé Mamadou, le réceptionniste accepta de l’accompagner à la chambre du Marocain mais ce fut pour constater que Lahcen Laandour avait déjà rendu l’âme.

Immédiatement alertée, la police du 15e arrondissement située non loin de l’hôtel Fouta, s’est aussitôt saisie de l’affaire. Mais, depuis lors, rien n’a filtré de l’enquête.

Au niveau du 15e arrondissement, le commissaire reconnaît qu’effectivement un Marocain a été découvert mort à l’hôtel Fouta, mais que la police a déjà bouclé son enquête et envoyé le dossier au parquet.

Le procureur de la République de la commune V, pour sa part, déclare qu' »effectivement le corps de Lahcen Laandour a été retrouvé à l’hôtel Fouta. Une information judiciaire a été ouverte et le tribunal a ordonné une autopsie. Le médecin légiste du Centre de santé de référence de la commune V a constaté qu’il n’y avait rien d’anormal, ce qui laisse croire à une mort naturelle ».

Seulement, il reste beaucoup de zones d’ombres autour de la mort de Lahcen Laandour. En commençant par le choix de l’hôtel Fouta pour un opérateur économique de l’envergure du défunt. Propriétaire de l’hôtel «Rose de sable» à Agadès, près de Ouazazate, Lahcen Laandour gérait en même temps l’hôtel partenaire «Riad du sud» à Tamasalt. Lahcen Laandour, qui possédait une vaste expérience dans le tourisme, organisait des excursions dans toute la région. Le mobile de son voyage, puisque, selon le procureur, il est venu prospecter le marché du beurre de karité, en rajoute au mystère surtout s’il est vrai que le montant de l’opération qui l’a conduit à Bamako ne dépasserait guère les 800 000 malheureux FCFA. Toujours selon le procureur, il n’avait pas de bagages importants, pas d’objets de valeur et la somme d’argent trouvée sur lui était insignifiante, moins de 5000 FCFA. L’autre zone d’ombre, c’est ce mystérieux Algérien qui qui a établi le pont entre Fadé Mamadou et le Marocain.

Toute tentative de lever le mystère s’est butée sur le manque de coopération du 15e arrondissement. Car le seul témoin accessible, Fadé Mamadou, prétend qu’il a tout consigné au 15e arrondissement et qu’il ne peut parler que devant le commissaire.

A l’hôtel Fouta, c’est le silence total. Tous ceux qui étaient de service le jour de la découverte du corps ont pris la tangente. En commençant par le gérant chinois qui est rentré en Chine le 9 février dernier.

Du côté de l’ambassade du Maroc à Bamako, on suit l’affaire avec beaucoup d’intérêt et surtout le souci que l’enquête aboutisse rapidement pour que l’on puisse communiquer des éléments fiables à la famille du défunt et procéder au rapatriement du corps.

A suivre.

Pierre F o’oo MEDJO

Indépendant du 27 février 2009