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La stratégie d’industrialisation de notre pays et la stratégie mise en place pour le développement de l’éducation de base sont les deux points que Dr Oumar Mariko a inscrits, le mardi 1er juillet 2008, à l’ordre de jour de la session parlementaire en cours. Pour discuter de ces deux sujets, il a formulé des questions orales à l’intention de deux ministres du gouvernement dirigé par le Premier ministre Modibo Sidibé.

Après avoir admis la pertinence des questions du Dr Mariko, les deux ministres ont tenté vaille que vaille de défendre le Programme de développement économique et social (PDES) du Président ATT que le député élu à Kolondiéba a présenté comme un Programme de destruction de l’économie solidaire du Mali (PDES).

Sur initiative du Dr Oumar Mariko, député du groupe parlementaire de l’opposition Parena-Sadi, deux ministres du gouvernement, contre leur volonté, ont été contraints à se soumettre à des questions orales à l’Assemblée nationale.

Abdoulaye Amadou Diallo, ministre de l’Economie, de l’industrie et du commerce, devait s’expliquer sur le rôle joué par l’Etat dans l’asphyxie des petites unités industrielles de production d’aliments bétail, d’huile et de savon de Koutiala.

Mme Sidibé Aminata Diallo, ministre de l’Education de base, de l’alphabétisation et des langues nationales qui s’était déjà rebiffée une première fois, devait se prononcer sur la situation dramatique que traverse l’école fondamentale depuis des années.

Elle devait surtout convaincre le député élu à Kolondiéba de la pertinence des stratégies mises en place par l’Etat à travers son département pour sortir l’école malienne du marasme dans lequel il végète depuis bientôt 20 ans.

Comme on pouvait s’y attendre, l’interpellation de deux ministres par l’honorable Dr Oumar Mariko n’a pas été prise à la légère par le gouvernement du Premier ministre Modibo Sidibé. En refusant de se présenter devant les députés aux premières dates indiquées pour leur interpellation, les ministres ont voulu se donner un peu de temps pour mieux préparer leur communication.

Et pour affronter les questions du Dr Oumar Mariko, le gouvernement n’a pas fait dans la dentelle. Dans sa volonté de clouer au pilori pour de bon l’intrépide député élu à Kolondiéba, le gouvernement a fait appel à toute une pléiade d’experts pour assister les deux ministres.

Mais, les faits à la base des questions orales du député qui s’est spécialisé dans les luttes sociales au Mali depuis belle lurette étaient têtus. Aucune stratégie, aucun mensonge ne pouvait être avancé pour sauver les deux ministres. Le face à face avec Dr Oumar Mariko s’est imposé aux deux ministres.

En ce qui concerne les petites unités productrices d’aliments bétail, de savon et d’huile de Koutiala, les documents brandis par le ministre pour justifier la fermeture ont été contestés par Dr Oumar Mariko qui a d’autres documents qui prouvent le contraire de ce qui a été avancé par le ministre de l’économie, de l’industrie et du commerce.

En réalité, les raisons de santé, avancées par le ministre Abdoulaye Amadou Diallo, semblent être un prétexte tiré du chapeau d’un magicien. Contrairement aux allégations du ministre, les unités fermées à Koutiala ne produisaient pas toutes des produits alimentaires, comme l’huile.

La vérité sur le terrain est que certaines unités, conscientes de leur faible niveau d’équipement, s’étaient contentées de produire seulement l’aliment bétail et le savon et revendaient l’huile brut à des unités équipées de raffinerie.

Donc, si la raison de santé évoquée par Abdoulaye Amadou Diallo était la motivation principale, la décision de fermeture ne devait concerner que les unités qui produisent l’huile alimentaire.

Mais, étendre cette décision à toutes les petites unités de Koutiala cache mal la volonté du ministre de réduire le nombre des entreprises éligibles à la livraison de la graine de coton.

En insistant sur la quantité totale de graine de coton produite annuellement par la CMDT, sans l’admettre, le ministre a fini par convaincre plus d’un Malien que le souci de l’administration était de permettre à un nombre limité d’entreprises d’avoir suffisamment de matières premières pour tourner plusieurs mois.

En insistant sur l’implication des propriétaires des unités de transformations de Koutiala dans la production d’oléagineux de substitution comme le tournesol, le soja et le sésame, le ministre prouve que la fermeture des unités de la capitale du coton est l’exemple typique des cas dans lesquels l’Etat malien est utilisé par certains de ses serviteurs pour protéger des intérêts individuels au détriment de l’intérêt public.

Ici, la préservation de l’intérêt public imposait à l’Etat malien d’accompagner les petites unités de Koutiala à devenir performantes en leur facilitant la formation et l’équipement.

Mais, comme tout est mis en oeuvre pour faire de notre pays un gros consommateur de ce qui est produit à deux pas de nos frontières, le ministère de l’économie, de l’industrie et du commerce s’assoit sur sa mission première de prospecter toutes les voix d’industrialisation du Mali et navigue à contre courant en fermant des unités en développement.

Par ailleurs, en ne prennent pas toutes les dispositions pour s’assurer du matériel dont disposaient les propriétaires des unités fermées à Koutiala, l’Etat a engagé sa responsabilité en leur délivrant des agréments de création.

Et par sa faute, aujourd’hui, au moins une quarantaine de promoteurs de Koutiala ont maille à partir avec les banquiers. Pire, 600 travailleurs de Koutiala sont aujourd’hui dans la pauvreté et la précarité.


Assane Koné

03 Juillet 2008