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Le ridicule ne tue plus depuis belle lurette dans notre pays, s’insurgent les non partisants du Dr Oumar Mariko. Le tort du Secrétaire général du parti SADI, c’est de s’être permis de dénoncer délibérément, et sans preuve, les autorités politiques et administratives de tout un cercle, pour laxisme autour d’un crime qu’il a qualifié de “crapuleux” et qu’il a voulu à tout prix transformer en “assassinat politique”.

En effet, il n’y a pas plus d’une semaine, le docteur Mariko affirmait, en conférence de presse, que l’assassinat du secrétaire général de la section du parti SADI de Niono, Youssouf Dembélé, relevait d’un assassinat politique.

A ses dires, autorités politiques et administratives de Niono, police et gendarmerie.. -bref, c’est comme tous ceux et celles qui ne sont pas membres du parti- avaient trempé dans cet “assassinat” et ont des comptes à rendre. Mais à qui, se demandent enfin bien des Maliens? Au Dr Oumar Mariko lui-même, ou à la Justice ?…

Selon ses détracteurs, le docteur du SADI, bien que ne disposant que d’un seul élu à l’Assemblée nationale -en l’occurence, lui-même- semble aujourd’hui avoir mûri en âge, mais il reste toujours le jeune réactionnaire prêt à en découdre avec tout ce qui le concerne de près ou de loin, et souvent à tue-tête et à l’emporte -pièce, sans réfléchir outre mesure.

Aussi, le destin -que l’on pourrait tout autant nommer sort ou hasard- a “fait jaillir le soleil en pleine nuit”, comme dirait l’autre. Et pour cause : contrairement à ce qu’avait laissé croire le Dr Oumar Mariko, Youssouf Dembélé a été assassiné… par son propre fils, et non par des hommes politiques ou un quelconque agent proche du pouvoir. Et l’aveu vient de ce fils même du défunt.

Oumar Mariko ferait donc mieux, selon certaines sources, de “descendre de son piédestal”, car la grande bataille qu’il avait engagée n’aura finalement pas lieu. Certes, bien de nos politiciens sont souvent friands de certaines extrémités, et ils sont capables de propos virulents.

Mais abattre physiquement leurs adversaires n’est pas encore entré dans leur moeurs. Et prions pourqu’au Mali, nous n’en arrivons jamais à une telle maladresse crapuleuse. Aussi, ceux qui pensent qu’au Mali, l’éthique et la morale politique s’abaisseraient à un tel comportement doivent bien se détromper !

Concernant ce cas spécifique de feu Youssouf Dembélé, après les révélations du fils du défunt, le Dr Oumar Mariko, en tant que représentant du peuple à l’Assemblée nationale, devrait plutôt- s’il n’est pas encore trop tard- présenter ses excuses aux autorités politiques et administratives de Niono, et dans une large mesure, à l’ensemble du peuple malien.

A défaut de cette excuse, c’est sa crédibilité qui en prendrait un sacré coup. Car, après une accusation aussi grave, sinon une telle bourde politique, qui oserait encore faire confiance au Secrétaire général du parti Sadi?

S’opposer est certes un droit, mais ce droit doit s’exercer dans le strict respect des régles républicaines, et selon les normes sociales maliennes bien établies.

Toute personne, politique, civile ou militaire qui y déroge transgresse, du coup, les règles de la convenance. Alors, quel regard porteraient désormais les honorables députés sur le Dr Oumar Mariko, un de leurs collègues investi dans la noble mission de représenter le peuple malien?


Adama S. DIALLO

15 novembre 2007.