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Pour Oumar Mariko, qui animait samedi un point de presse, la mort du secrétaire général de la section Sadi de Niono, Youssouf Dembélé, n’est plus ni moins qu’un assassinat politique orchestré par la « mafia politico-affairiste à l’Office du Niger ».

Le corps sans vie du secrétaire général de la section Sadi de Niono, Youssouf Dembélé, a été découvert dans son champ le 12 août 2007. Si les enquêtes ouvertes par la brigade de recherche de Niono n’ont pas permis jusque-là de trouver des preuves palpables, le parti Sadi vient de faire des révélations fracassantes à même de donner une nouvelle tournure à l’affaire.

En tout cas, Oumar Mariko, le secrétaire général du parti est formel : « Youssouf Dembélé est mort pour ses convictions politiques. Il est mort pour avoir parlé. Youssouf a été assassiné pour avoir déclaré le 8 août dernier à la Radio Kayira que si la Cour constitutionnelle confirme nos résultats (Ndlr : élections législatives de Niono où Sadi était en tête), je donnerai aux nouveaux élus le reste des documents que je détiens sur les magouilles de la direction de l’Office du Niger », a révélé M. Mariko. Et d’ajouter que « ces documents ont disparu après le crime ».

Selon Dr. Mariko, l’arrestation et l’incarcération du fils du défunt, le dessaisissement de l’agent Boubacar Coulibaly du dossier qui avait procédé aux investigations préliminaires, les harcèlements à l’endroit de militants Sadi et la fermeture de la Radio Kayira de Niono par le maire sont autant de sujets à réflexion.


Poursuites contre le maire

Mais, sans autre forme de procès, il accuse et cite nommément des responsables administratifs et des opérateurs économiques, fournisseurs d’engrais comme étant les commanditaires de cet assassinat. « Youssouf Dembélé a été victime des affairistes et des spéculateurs à l’Office du Niger. Il faut que ceux qui ont commis ce crime soient démasqués et passent devant la justice pour qu’ils reçoivent des sanctions exemplaires ».

« Nous avons la ferme conviction que la justice de Niono et l’avocat général Souleymane Coulibaly, travaillent pour brouiller les pistes afin que la vérité n’éclate pas », a-t-il ajouté.

Dans un mémorandum rendu public, le parti Sadi recense une longue liste d’assassinats de ses militants à Niono. Tout en dénonçant ces actes, Mariko soulignera que rien ne saurait plus jamais étouffer le droit des Maliens de dire, de dénoncer les crimes et leurs auteurs quels qu’ils soient.

Autre motif de colère du parti : la fermeture, la semaine dernière, de la Radio Kayira de Niono par le maire pour menace à la stabilité sociale.

Mais, dans leurs témoignages respectifs, les honorables Oumou Coulibaly et Mamadou Guindo de Niono sont catégoriques : « On veut empêcher la radio de parler de l’assassinat de Youssouf Dembélé. Ses assassins paniquent et ne savent plus quoi faire ».

Pour Mariko, il n’est pas du ressort d’un maire de fermer une radio. C’est pourquoi d’ailleurs, le parti introduira une plainte contre le maire auprès du Tribunal administratif dans les jours à venir. « Le combat dans lequel nous sommes résolument engagés avec notre peuple peut connaître un répit, mais il ne souffrira jamais de coup d’arrêt », a conclu l’honorable Oumar Mariko.

Sidiki Y. Dembélé

12 novembre 2007.