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Près de cinq mois après la mort accidentelle de notre confrère Oumar Bouaré, rédacteur en chef du journal « Kabako » qui, il faut le rappeler, a eu lieu dans la nuit du 30 au 31 juillet 2008, le jeune chauffeur Sekou Diallo, auteur de l’accident a été jugé le 15 décembre dernier par le tribunal correctionnel de la commune VI. Ce dernier est aujourd’hui poursuivi pour « homicide involontaire et manœuvres dangereuses ».

A la barre, le prévenu tenta d’accabler les sapeurs-pompiers qui, selon lui, auraient boudé ses appels au secours,après l’accident. Il reconnaîtra cependant qu’il roulait entre 70 à 90 km à l’heure sous une pluie battante et dans le noir car les lampadaires étaient tous en panne.

Et d’ajouter finalement « j’ai tort. Mais j’ai freiné, seulement il roulait au milieu de la chaussée. »

Dans son réquisitoire, le procureur Ibrahim Berthé, représentant le ministère public dira que « cet accident est survenu à un moment où une campagne publique était enclenchée contre les accidents de la circulation routière qui font hélas plus de morts que les maladies. Ils sont pour la plupart le fait de l’homme ».

Pour le cas du prévenu poursuivi pour « homicide involontaire et maneouvres dangeureuses », le ministère public dira que le fait que le véhicule ait glissé malgré le freinage « est la preuve que vous étiez pressé car vous étiez en retard pour le vol. Vous avez donc vu Bouaré mais vous avez voulu forcer le passage ».


« Autrement, si vous aviez freiné, vous ne l’aurez pas percuté …
 » Après ces développements qui ont détruit son système de défense, le ministère public a requis deux ans de prison ferme avec mandat d’arrêt à l’audience contre le prévenu Sékou Diallo, étudiant malien en Tunisie pour homicide involontaire et manœuvres dangereuses.

Quant aux avocats de la familles de notre regretté confrère Oumar Bouaré, ils ont tous établi la responsabilité exclusive de Sékou Diallo dans la mort accidentelle de Oumar Bouaré, lequel laisse derrière lui trois orphelins mineurs, une veuve, un vieux père et une vieille mère restés au village, tous inconsolables.

A titre de réparations civiles, ils ont demandé qu’il plaise au tribunal de condamner civilement la compagnie Lafia, assureur du véhicule avec exécution provisoire.

Le montant réclamé en guise de dommages et intérêts, les frais de réparations de la Yamaha 100 endommagée du défunt, la valeur du magazine « Madame » que transportait le défunt de l’imprimerie pour son domicile et qui a été déchiqueté sous la pluie et tous les frais réclamés contenus dans une pièce versée au dossier ont été communiqués au tribunal.
Le verdict du jugement est attendu le 29 décembre prochain.

Birama Fall

17 Décembre 2008