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Avec les bénéfices engrangés au Mali par Randgold, ses actionnaires ont pu investir en Côte d’Ivoire, au Sénégal… C’est le président directeur général de Rangold, Mark Bristow qui faisait ces révélations, mercredi 22 octobre, au cours d’un point de presse, sur le site de la société Morila s.a. il avait ajouté que Randgold s’était développée à partir de ces dividendes et qu’elle était actionnaire à la bourse de Londres et de New York.

Cela ne suffit-il pas pour que cette société soit en mesure de payer les arriérés de droits des travailleurs ? Ce point de presse a effectivement été organisé en laissant subsister plusieurs zones d’ombre. Les grévistes nous a-t-on dit, ont été sommés de rester chez eux.

Affiliés majoritairement à la CSTM, ces travailleurs restés invisibles, n’avaient aucun porte parole au cours de ce point de presse, à l’exception du secrétaire général de l’UNTN au sein de l’entreprise qui est resté muet comme une carpe, cautionnant tout ce que disait Mark Bristow.

La PDG de Rangold a catégoriquement refusé de payer les arriérés réclamés par les travailleurs. Il a reconnu l’absence criarde de communication entre les cadres de la société Morila s.a. et les travailleurs. Il feint d’être surpris que les travailleurs réclament de meilleures tenues de protection et notamment des casques sécurisants.

‘’ Pourquoi les travailleurs ne sont-ils pas venu me voir pour me dire qu’ils avaient besoin de casques de protection ? ‘’ En fait, les revendications individuelles ne sont que les motifs les plus simples pour congédier des travailleurs. Qui va voir le PDG pour lui demander des casques ou autres matériels sans s’exposer à des sanctions ?

D’après nos informations, le directeur des Ressources humaines de Morila s.a. a refusé de rencontrer les travailleurs qui avaient déposé un préavis de grève et la situation était complètement bloquée. Ce qui a motivé le déplacement du secrétaire général de la CSTM, Hammadoun Amion Guindo au site de la société.

Il a constaté, selon nos informations, le blocage créé par le directeur des Ressources humaines de Morila s.a. Il n’a pu, nous a-t-on confié, empêcher la grève de 48 heures des travailleurs de la société. Toutes choses qui révèlent les zones d’ombre entretenues autour de cette grève qui ont permis au PDG de Randgold d’animer seul, un point de presse où les grévistes n’ont pas eu droit à la parole.

B.D

31 octobre 2008