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Rien ne va plus entre la mairie de Moribabougou et Zeïna- Hydro, un opérateur d’adduction d’eau potable. La société de distribution d’eau qui croit opérer dans l’intérêt des habitants de la commune en construisant un nouveau château de relais est butée à la résistance de la mairie.

La situation a provoqué une manifestation des partisans du maire qui ont occupé l’espace devant recevoir le château pour l’adduction d’eau. Des reporters de la radio locale ont été menacés de mort et molestés.

La commune de Moribabougou est située à la sortie de la capitale sur le tronçon Bamako- Koulikoro. Ici, toutes les agitations au-raient, en réalité, un fondement politique consistant pour le maire à barrer la route à une dame de l’Adema qui, à travers ses actions dans la commune, force l’admiration et des adhésions.

La société Zeïna- Hydro appartient à Mme Cissé Zéïnabou Haïdara dont le mari a fait reboiser le quartier pour près de 40 000 plants, selon nos sources à Moribabougou.

Lors des élections législatives dernières, Mme Cissé Zéïnabou Haïdara fut candidate du RND aux élections législatives dans la circonscription de Kati, où elle a croisé le fer des urnes avec Diarrah Diarra, l’actuel maire de Moribabougou, qui était également candidat sur la liste USRDA.

Aujourd’hui encore, cette bataille électorale semble se poursuivre entre les deux anciens candidats. Et le maire n’a pas hésité à s’opposer au projet d’extension de l’adduction d’eau que voulait entreprendre Zéïna Hydro, pour servir Dogobala, un village qui a des difficultés à s’approvisionner en eau potable.

Alors que la société dispose d’une autorisation du préfet de Kati pour ce faire, des jeunes appartenant à la tendance du maire ont occupé le chantier de construction du château de relais. Les matériels de construction ont été jetés en dehors du chantier pour empêcher les travaux.

La présidente de la coordination des associations et regroupement des femmes de la Commune de Moriba-bougou ( Carfecm), Mme Maïga Yorobo Diarra, serait au centre d’une incitation à la révolte des populations de Moriba-bougou, pour empêcher ces travaux.

Après une plainte de la société auprès du procureur de Kati et le constat de la gendarmerie de Sangarébougou, les au-teurs de ces forfaits ont été appréhendés et con-duits au tribunal de Kati. Se ressaisissant à temps, la société dont le projet doit viser à soulager la population s’est vite avisée en demandant auprès du procureur de Kati, la relaxe pure et simple des manifestants.

Mais il fallait des efforts supplémentaires (le procureur ayant déclenché l’action publique), nécessitant une implication de la direction nationale de la promotion de l’enfant et de la famille, pour obtenir la relaxe des manifestants dont des enfants.

Ces interpellations n’ont pas manqué de donner un prétexte au camp adverse, pour inciter à la destruction des biens de la société Zéïna- Hydro. Selon nos informations, l’occupation du chantier par les jeunes du quartier continue à ce jour, compromettant tous les travaux.

Profitant de cette confusion, la présidente de la Carfecm avait adressé un communiqué à la radio locale, Moribabougou FM, appelant au soulèvement pour empêcher le projet de construction de l’adduction d’eau. Les responsables de cette radio pour avoir refusé de diffuser cet appel feront les frais : les reporters, puis le directeur de la radio, après avoir fait l’objet de menaces ont été tabassés lors d’un reportage.

Selon des sources concordantes, il y a un premier château d’eau construit par ATT qui est devenu une chasse gardée du maire et de ses conseillers qui y font des branchements privés à prix d’or, faussant l’objectif prioritaire de cette réalisation qui était d’installer une dizaine de bornes fontaines dans l’intérêt de la population. On cite le branchement d’un douanier pour plus de trois millions de nos francs.

C’est ce château avec un autre construit par le PNIR (Programme national d’investissement rural) qui sont mis en exploitation et constituent pour la mairie la poule aux œufs d’or. Ce qui ne favorise pas l’acceptation d’une multiplication de ces œuvres, considérée comme des instruments de concurrence.

Sans compter les retombées politiques de cette réalisation au bénéfice de Mme Cissé Zéïnabou Haïdara que le maire considère toujours comme étant son adversaire politique. Joint par nos soins, le maire de Moribabougou qui se trouvait à Bamako, n’a pas souhaité s’expliquer au téléphone.

(Affaire à suivre)


B. Daou

15 Mai 2008