Partager

Dans la Commune rurale de Moribabougou, située à une trentaine de kilomètres de Bamako, une partie de la population vit avec la peur des fils de la ligne haute tension. Une zone interdite d’habitation morcelée par le maire.

Des lignes hautes tensions de la centrale de Sotuba, qui alimentent en électricité la ville de Koulikoro et l’IPR/Isfra de Katibougou, traversent une partie de Moribabougou.

Pour éviter des dangers de l’électrocution, le plan d’urbanisation de la préfecture de Kati, le chef-lieu de cercle, a déclaré le site « zone interdite de lotissement ». Le maire Diarrah Diarra avait dans un premier temps trompé la vigilance du préfet en procédant au morcellement du quartier. Mais, lorsque le préfet s’est rendu compte de la supercherie, il a annulé tous les permis.

L’annulation des titres de propriété n’aura pourtant servi à grand-chose. Les travaux de fondation et de construction y ont repris. Certaines concessions sont déjà sorties de terre, d’autres sont même habitées.

Ce qui fait que l’emprise des pylônes de la ligne haute tension appartenant à la société Energie du Mali (EDM) est en train d’être habitée dans l’indifférence quasi-générale des habitants et même de la municipalité.

Le maire, à l’origine du scandale, ne serait pas étranger à la reprise soudaine des travaux et à l’envie d’habiter affichée par les bénéficiaires de parcelles dont il est redevable. Les conseillers municipaux étant à un tournant de leur mandat qui prend fin courant 2009, les propriétaires de parcelles de la ligne haute tension de Moribabougou se hâtent à construire leurs maisons.

Le maire Diarra, qui les a grugés, s’est montré incapable de les dédommager. Le danger est pourtant perceptible dans la zone. La carrière d’exploitation de banco de terrassement des terrains fait que des pylônes sont menacés d’effondrement.

Des lots sont situés dans l’emprise des rails. Les constructions sont faites dans l’anarchie la plus totale comme si ce ne sont pas des êtres humains qui vont les habiter. Mais il semble qu’il y a plus de locataires que de vrais propriétaires.

Le maire est tenu pour responsable de cette chienlit. Il aurait même été dissuadé par deux de ses adjoints, Alassane Maïga et Moïse Sissoko, mais en vain. Le désordre ainsi créé s’est mué en litige foncier avec des doubles attributions sur des terrains et la désaffection du centre commercial de Moribabougou dont le plan a été approuvé par les services d’urbanisme de Kati.


Abdrahamane Dicko

30 Mai 2008