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Dioncounda Traoré avait déclaré à Addis-Abeba, lors du sommet des donateurs qu’il espérait pouvoir convoquer des élections au Mali avant le 31 juillet prochain. Cela a été réaffirmé dans la feuille de route du Premier ministre Diango Cissoko adoptée par l’Assemblée nationale. Lundi 19 février 2013, le directeur national de l’Etat civil, Moriba Sinayoko a réaffirmé que l’administration malienne fera tout pour tenir ce délai.

jpg_une-1546.jpgBeaucoup de questions sur une sortie de crise au Mali sont soulevées par des partis politiques, des organisations de la société civile et par les citoyens lambda. La plus cruciale de ces questions (celle de savoir si l’on peut reconquérir l’intégrité du territoire étant en passe d’être résolue) est celle-là : est ce que nous pouvons organiser les élections avant juillet 2013 ?

La réponse est oui pour Moriba Sinayoko à condition bien sûr que les autres acteurs c’est-à-dire, la société civile, les partis politiques et les partenaires financiers s’inscrivent dans cette dynamique. L’organisation des élections, selon le calendrier espéré par le président de la République, demeure à notre portée a fait savoir M. Sinayoko au cours de la présentation de la carte

Le directeur national de l’Etat civil et non moins responsable du projet Ravec présentait à la société civile la carte Nina, la carte avec un numéro d’identification nationale. A ses dires, 13 688 292 Maliens ont un numéro d’identification nationale. Dans ce nombre, il y a bien sûr nos compatriotes réfugiés ou déplacés suite l’occupation des villes du Nord par les jihadistes, a expliqué M. Sinayoko.

Le problème à ce niveau sera de faire en sorte que ceux qui auront l’âge de voter, soient pris en compte par le fichier électoral. Ce fichier électoral pourrait être établi par la Délégation générale aux élections sur la base des données du Ravec qui seront transférées à la DGE.

Selon les explications de M. Sinayoko, 6,8 Maliens ont leur photo ; à ceux-là, il faudrait ajouter quelque 350 000 Maliens recensés qui ont l’âge de voter, ce qui fait un total d’un peu plus de 7 millions de votants. A en croire M. Sinayoko, techniquement, il est possible de tenir les élections selon le calendrier indiqué par le président de la République et « l’administration fera tout pour tenir ce délais« .

Avant son exposé, M. Sinayoko avait été précédé par le ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, Abdourhamane Oumar Touré. S’inscrivant dans la dynamique pour des élections avant le 31 juillet, le ministre Touré a indiqué que le département était à pied d’œuvre pour réussir cette mission. Ainsi, les cartes d’électeurs seront produites par un opérateur suite à un appel à concurrence et bien que cela ne soit pas encore fait, au département de M. Touré, l’on reste optimiste.

La distribution des cartes sera faite par village, fraction, quartier et ambassade et consulat sous la responsabilité des sous-préfets, les mairies etc. Aucune tierce personne ne pourra enlever la carte d’une autre personne.

Tout en approuvant la démarche des autorités dans l’organisation des élections, la société civile a recommandé aux autorités de faire en sorte que l’électeur ne puisse voter plus d’une fois avec sa carte. Il a été aussi recommandé de mentionner sur la carte les noms du père et de la mère du détenteur de carte Nina.

Denis Koné

Les Echos du 20 Février 2013