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Les citoyens de la ville de Sévaré saluent la “résistance” de l’armée malienne face aux islamistes à Konna. Les soldats sont choyés par les boutiquiers.

jpg_une-1358.jpg«Maintenant à Sévaré, quand un militaire rentre dans une boutique pour un achat, le boutiquier, s’il peut, lui offre gratuitement les produits ou, le cas échéant, lui fait une réduction de prix», constate un habitant de la ville joint par nos soins. Aujourd’hui, dans la région de Mopti, la population semble soulagée et contente de l’intervention salutaire de la France mais reconnait également à l’armée nationale une résistance acharnée qui empêcha le chef lieu de région (Mopti) de tomber aux mains des islamistes.

En effet, après la prise du village de Konna, le 10 janvier 2013, les militaires, repliés vers le sud, avaient pris position à une quinzaine de kilomètres de Sévaré où se situe le commandement opérationnel de l’armée, avec la «ferme volonté» d’empêcher les «islamistes de passer cette (nouvelle) barrière». La défaite du 10 janvier de l’armée à Konna avait engendré une panique au sein de la population. «C’est à Sévaré qu’on a senti la grande panique, contrairement à Mopti», a souligné un habitant. Les services et les ONG sont pour l’essentiel basés à Sévaré. Bien que l’armée ait rassuré la population, celle-ci avait cru à une progression fulgurante des islamistes.

Dans la soirée du 10 au 11 janvier, plusieurs dizaines d’habitants avaient décidé de quitter ces deux villes dès le lendemain. Surtout qu’un «grand marabout» de Mopti du nom d’Amadou Konfa avait rejoint les terroristes à Konna avec ses tous ses Talibés, selon nos informations. Beaucoup ont alors pensé que la prise de Mopti était imminente. Malgré tout, l’armée faisait face avec détermination avant l’atterrissage des premiers soldats français.

«Les gens étaient très contents du fait simplement qu’elle a résisté», nous indique-t-on à Sévaré. Mais «malgré l’engagement de nos militaires, nous ne pouvions pas, seuls, faire face aux bandits armés sans l’intervention de la France», assure notre interlocuteur.

Le bilan des opérations est révélateur de l’intensité des combats à Konna : 12 militaires tombés dont un français ainsi que 60 blessés. Cependant, plus d’une centaine d’islamistes ont été tués.

Seydou Coulibaly

Le 15 Janvier 2013

© AFRIBONE