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C’est dans la région de Mopti que les troupes maliennes sont stationnées depuis avril 2012 après l’occupation des régions nord du pays. La dernière localité sous contrôle de l’armée est Kona située à quelques 160 kilomètres du chef lieu de région et à 25 Km du chef lieu de cercle, Douentza, contrôlé par les islamistes mais volontairement «libéré» par les djihadistes.

C’est dans ce secteur que des accrochages se sont produits en début d’après-midi du 7 janvier entre les troupes régulières et les islamistes d’Ançar Eddine. En fait, d’accrochage, il s’agirait, selon nos sources, de tirs opérés par l’armée sur les positions rebelles.

Stratégie de défense, tirs de sommation, etc., les qualificatifs ne manquent pas pour justifier l’incident qui n’aurait pas fait de victime. La mesure viserait à dissuader les colonnes de combattants islamistes qui ont afflué ces derniers jours vers le sud, se rapprochant de la ligne de front. Ainsi, les localités de Nampala à Koro en passant par Diabaly, Nara Sévaré et Kona, était toutes menacées d’invasion.

L’altercation du lundi qui n’aurait duré que quelques dizaines de minutes, selon nos informations, a contraint les islamistes à se replier vers le nord.
Cet accrochage intervient donc à la veille d’un round de négociations directes entre le gouvernement et les islamistes d’Ançar Eddine. Une rencontre étant prévue à Ouagadougou le 10 janvier 2013. En marge d’une solution politique exigée par la communauté internationale, la gestion de la crise malienne passe, selon toute vraisemblance par une opération militaire que préparent toutes les parties.

A Bamako, la hiérarchie militaire se dit prêt à en découdre avec les forces d’occupation et n’attendrait que le feu vert des autorités politiques. Le dispositif de défense installé par l’armée dans les différentes localités de la ligne de front est révélateur d’une volonté de «laver» une blessure douloureuse.

Seydou Coulibaly

Le 8 Janvier 2013

© AFRIBONE