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La JA sous les feux croisés

A tort ou à raison, l’équipe du président Seydina Oumar Sow est accusée d’être la protégée de l’équipe dirigeante de la fédération malienne de football. Ce qui expliquerait pourquoi les responsables fédéraux se refusent à dire le droit dans les affaires de réserves ou évocation se rapportant à cette équipe qui vient de gagner son billet pour la ligue 1.

La poule B de la montée en première division du football malien, basée à Bamako, a été dominée par la Jeanne d’Arc de Bamako qui a aligné 3 victoires en 3 sorties.

C’est dire que les Bleus de Bamako étaient les plus forts. Mais, un de leurs adversaires, flèche noire de Sanankoroba ne s’avoue pas encore vaincu. Bien renseignés par la fameuse affaire AS Police – JA déclenchée au cours du championnat du District de Bamako, les responsables de l’équipe de Sanankoroba ont porté des réserves sur certains joueurs de la Jeanne d’Arc, Tidiani Koné et Henry Coulibaly (qui évoluent en France), en l’occurrence .

Pour le premier qui a été transféré en début de saison dans le championnat tunisien, les responsables de Sanankoroba s’étonnent du fait que Malifoot ait pu délivrer une licence au profit de la JA pour le compte de la même saison.

Et pour second, il leur a été carrément répondu que le joueur n’avait pas besoin de certificat international de transfert, car n’en ayant pas bénéficié pour évoluer en France. En plus de ces cas de réserves énoncées, il y a aussi le cas d’évocation portant sur Mama Moumouni. Ce joueur ayant bénéficié de documents frauduleux de nationalité malienne a été par la suite reconnu Béninois grâce aux investigations de l’AS Police.

Malgré tout, la commission centrale des statuts et règlements de la Malifoot a décidé de débouter Flèche noire de ses réserves et de son évocation. Dès lors, des interrogations ont fusé de toutes parts par rapport à la moralité de cette décision d’autant qu’à la suite de la réserve de l’AS Police, la JA a choisi de ne pas faire évoluer Henry Coulibaly lors de la phase du championnat de Bamako.

Plus étonnant, Mama Moumouni a impunément évoluer avec la JA lors de la montée. Décidément, il semble que la Jeanne d’Arc est dans les bonnes grâces des responsables fédéraux. Pour ceux-ci, tous les moyens sont bons pour propulser l’équipe dans l’élite surtout au cours d’une année électorale. Malheureusement, c’est au détriment d’équipes dont l’AS Police et Flèche noire qui voient leurs droits piétinés.

Il se trouve justement que l’une et l’autre équipe sont décidées à aller jusqu’au bout des procédures sportives et démocratiques. Les Policiers s’apprêtent à porter l’affaire au Tribunal arbitral du sport (TAS) alors que les régionaux ont effectué une marche pacifique le mardi dernier pour mettre davantage de pression sur les responsables fédéraux. Cette marche, qui n’avait pas reçu l’autorisation du gouverneur de Bamako, a du être annulée et le président de Flèche noire interpellé.

Au cours de leur marche avortée, les marcheurs s’en sont surtout pris au secrétaire général de Malifoot, Yacouba Traoré, au président de la ligue de Bamako, Boubacar Monzon Traoré et à son vice président, le colonel Brahima Traoré, qu’ils accusent de constituer des virus pour la pratique du football au Mali. Convaincus du bien fondé de leur démarche, les responsables de l’équipe de Sanankoroba attendent leur autorisation de marche pour arriver jusqu’au niveau de l’instance fédérale où ils exprimeront leur colère à travers une déclaration qui sera rendue publique.

En attendant d’autres évolutions de ces faits se rapportant sur la JA, il faut convenir que l’équipe dirigée par l’ancien président de la section football du stade malien de Bamako déclenche régulièrement des passions. A telle enseigne que de nombreux observateurs s’inquiètent, déjà, de la forte tension qui tend à s’instaurer dans les relations entre les supporters de la JA et ceux de certaines grandes équipes.

SOULEYMANE DIALLO

25 Septembre 2008