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Aujourd’hui, force est de reconnaître que les acteurs engagés dans la lutte contre le VIH/Sida fournissent beaucoup d’efforts dans ledit combat. Pour s’enquérir des avancées dans ce combat, Modibo Kané, Directeur Exécutif du Réseau Malien des Associations de Personnes vivant avec le VIH/Sida (RMAP+), nous a accordé un entretien.

Quelle analyse faites-vous de la lutte contre le VIH/SIDA au Mali ?

Modibo Kané : Sur le plan mondial, on peut dire que la lutte se porte assez bien. Vu qu’il y a beaucoup de stratégies qui sont planifiées, soit chaque 3 ou 5 ans pour que la lutte puisse avancer. Souvent, ces objectifs sont ambitieux pour pousser les pays à accélérer la lutte contre le Sida.

Quant au Mali, on peut également dire que nous ne nous plaignons pas trop. Sinon, ici, le gouvernement est totalement engagé. Il y a des plans qui sont conçus pour la circonstance. L’appui des partenaires techniques et financiers est là. On a donné également une très grande marge de manœuvre à la société civile notamment, les organisations communautaires pour qu’elles s’impliquent davantage dans la lutte contre le Sida. C’est pourquoi nous avons depuis un certain temps des approches différenciées des services du VIH qui mettent le patient au centre de la lutte et qui donnent beaucoup de possibilités aux communautaires non médicaux d’intervenir sur certains aspects notamment en matière de prévention. Les associatifs peuvent faire le dépistage, distribuer aussi les autotests.

Quant à l’accès aux antirétroviraux, il y a la dispensation communautaire des antirétroviraux. Ceci fait que les malades n’ont plus besoin de se déplacer pour aller vers les centres de prise en charge. Les conseillers psychosociaux sont là sous la supervision des médecins traitants et prennent les médicaments pour ensuite les livrer aux malades à un point de rendez-vous sur lequel ils se sont convenus. L’un des aspects importants, c’est l’analyse biologique pour voir le niveau de charge virale qui est dans le sang. C’est vrai que cela se fait dans les laboratoires, mais de plus en plus les associatifs sont impliqués à aller prélever les gens chez eux et mettre les échantillons sur les papiers buvards et les amener au laboratoire. Tout ça pour soulager les malades et leur donner la latitude de mieux être observant au traitement.   

Quelles sont les différentes actions prévues par RMAP+ pour favoriser l’insertion socioprofessionnelle des personnes vivantes avec ladite maladie ?

M.K : Nous sommes un réseau d’envergure national composé de coordination régionale dans toutes les capitales régionales qui ont rassemblé les différentes associations au sein des régions. Ces associations sont au nombre de 62. Elles travaillent à la base et s’occupent de l’accompagnement psychologique et social des personnes vivant avec le VIH/Sida. Elles font également la sensibilisation pour la prévention du VIH.

Les actions que nous entreprenons sont en droite ligne avec nos objectifs, c’est-à-dire l’insertion socioéconomique des personnes vivant avec le VIH/Sida pour qu’elles puissent avoir une qualité de vie meilleure. D’abord, nous faisons des enquêtes. Présentement, il y a une qui est en cours. C’est le monitoring communautaire pour le traitement qui va sur les sites pour s’enquérir de la qualité des soins apportés aux personnes vivant avec le VIH/Sida. C’est un projet soutenu par l’USAID et l’ONU-SIDA. Il y a également le Secrétariat Exécutif du Haut Conseil National de Lutte Contre le Sida qui prend un volet de la même activité.

On fait aussi des démarches auprès des partenaires tels que : le PAM pour l’appui nutritionnel aux malades. Parce que les médicaments sont tellement lourds qu’il faut bien manger pour être observant. Les enfants ne sont pas oubliés également. Chaque année, nous bénéficions d’un appui du secrétariat exécutif du Haut Conseil National de Lutte Contre le Sida en termes de fournitures scolaires que nous répartissons entre toutes les régions pour que chaque enfant puisse quand même en bénéficier. Nous renforçons les capacités de nos associations pour leur permettre de mieux intervenir sur le terrain. Et nous faisons également des plaidoyers pour la lutte contre la stigmatisation et la discrimination qui sont surtout un vrai frein à l’accès aux soins et traitements des personnes vivant avec le VIH.

Pour atteindre l’objectif 3×95, que devrons-nous faire ?

M.K : Chaque fois, il y a de nouvelles stratégies qui sont là et ambitieuses pour permettre aux pays d’accélérer leurs actions en matière de lutte contre le Sida. Il faudrait qu’on reste quand même souder à ces différentes stratégies tant au niveau international que national pour que les choses puissent avancer.

Nous pouvons nous réjouir des acquis, mais ne dormons pas sur nos lauriers. Faisons en sorte que ces acquis puissent être maintenus et renforcés.  

Jacques Coulibaly

@Afribone