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La sélection nationale a concédé le nul pour sa première sortie face à des Paraguayens généreux dans l’effort et très entreprenants devant

Le sélectionneur national Moussa Keïta «Dougoutigui» avait promis une surprise dès la première journée du Groupe D face au Paraguay. Effectivement, il y a eu une surprise samedi au stade Kamil Ocak, mais du côté malien. La surprise de cette journée inaugurale, est à l’actif de la Grèce qui s’est offerte la peau du favori de la poule, le Mexique battu 2-1 sur le fil. A l’issue de la rencontre, un défenseur grec a pleuré à chaudes larmes sur la pelouse et l’image du joueur, torse nu et tenu par les bras par ses coéquipiers, a provoqué une grande émotion au stade Kamil Ocak.

On aurait aimé voir les nôtres aussi verser des larmes de joie, mais les Aiglons de Dougoutigui ont trébuché face au Paraguay et ont dû se contenter du partage des points (1-1). Pourtant, la partie avait bien commencé pour la sélection nationale qui débloqua le tableau d’affichage d’entrée de jeu grâce à Adama Niane. Servi dans l’axe par un coéquipier l’attaquant malien résiste à la tenaille de la charnière centrale paraguayenne, avant d’ajuster Diego Morel d’un tir du pied droit (3è, 1-0 pour le Mali).

Le stade Kamil Ocak qui avait choisi son camp avant même le coup d’envoi de la rencontre explose et improvise une chanson en l’honneur des Aiglons : «Qui ne saute pas n’est pas Malien». Le capitaine Boubacar Diarra et ses coéquipiers ne pouvaient rêver meilleure entame de match, de surcroit dans un stade totalement acquis à leur cause. Mais malgré ce but matinal et l’hostilité du public, les juniors paraguayens montrent qu’ils ont du caractère et le mental suffisant pour résister à la pression. Ils le prouveront 4 minutes seulement après l’ouverture du score par les Aiglons.

Contre éclair de l’ailier Brian Montenegro sur le côté gauche ponctué d’un centre dans les six mètres pour l’attaquant Jorge Rojas qui marque du bout des crampons entre les deux défenseurs centraux, Boubacar Diarra et Ousmane Keïta. Le but provoque la fureur du coach Dougoutigui et le technicien le fera savoir en conférence de presse. «C’est inadmissible de prendre ce but après tout le travail défensif qu’on a fait ces derniers jours», martèlera un Dougoutigui visiblement remonté contre l’axe central. C’est vrai que la charnière centrale malienne, notamment Ousmane Keïta, a manqué de complémentarité et n’a pas répondu aux attentes du staff technique. Mais au fil des minutes, on s’est aperçu que le problème des Aiglons ne se situait pas seulement derrière, mais également dans l’animation du dispositif tactique mis en place par le sélectionneur national : le 4-5-1. «On a toujours joué comme ça.

La stratégie consiste à laisser son camp à l’adversaire et empêcher ce dernier de développer son jeu une fois la ligne médiane franchie», expliquera plus tard un responsable technique malien. «On est en Coupe du monde, qui va lentement, va sûrement», ajoutera notre interlocuteur. Théoriquement, l’argumentaire développé tient la route et peut même séduire. Sauf que dans la pratique, les choses ne se sont pas passées comme l’avait prévu le banc malien.

La rencontre aurait même pu tourner au cauchemar pour les Aiglons s’il n y avait pas un grand Germain Berthé dans les buts. Après l’égalisation les Paraguayens ont, en effet, obtenu trois occasions nettes de but et il a fallu toute la classe du gardien malien pour empêcher le ballon d’aller au fond des filets. D’abord en première période face au très remuant Derlis Gonzalez (24è min) puis au retour des vestiaires face à Brian Montenegro (48è min) et encore à Derlis Gonzalez (66è min). Quand on ajoute à ces occasions les deux caviars gaspillés par Claudio Correa aux 80è et 90è min (demi-volée au dessus de la transversale et tête non cadrée, alors qu’il seul dans les six mètres), les Paraguayens peuvent nourrir des regrets d’avoir laissé filer deux points.

C’est vrai, les Aiglons n’ont pas été dominés par leurs adversaires et les nôtres se sont également créés quelques occasions, à l’image de Hamidou Traoré (70è min, tir au ras du poteau) ou encore de l’attaquant, Adama Niane (86è et 90è min+2). Mais disons-le sans ambages, le coach Dougoutigui et ses joueurs peuvent s’estimer heureux du partage des points et surtout dire un grand merci au keeper Germain Berthé qui a été sans conteste le sauveur de l’équipe, samedi au stade Kamil Ocak.

Demain, les Aiglons devront montrer un autre visage pour espérer battre le leader du groupe, la Grèce (3 points, contre 1 pour le Mali et le Paraguay et 0 pour le Mexique) gonflée à bloc après sa victoire contre les Mexicains et qui n’aura besoin que d’un nul pour être qualifiée puisque que les quatre meilleurs troisièmes des six groupes seront également repêchés pour les huitièmes de finale. L’autre match de la poule sera 100% sud américaine et opposera le Paraguay et le Mexique. Des Mexicains qui ont le couteau sur la gorge et qui ont impérativement besoin de victoire pour préserver toutes leurs chances de qualification pour les huitièmes de finale.

Envoyé spécial S. B. TOUNKARA

Samedi 21 juin au stade Kamil Ocak (Turquie). Paraguay-Mali : 1-1 But de Jorge Rojas (7è min) pour le Paraguay; Adama Niane (3è min) pour le Mali Arbitre : Nawaf Shukralla (Barhein) assisté de ses compatriotes Yaser Tulefat et Ebrahim Saleh. Commissaire : Ganesh Thapa (Nepal).

Paraguay : Diego Morel, Miller Mareco, Alonso Junior, Gustavo Gomez (cap), Arnaldo Sanabria (Claudio Correa), Angel Lucena, Derlis Gonzalez (Cecillio Dominguez), Brian Montenegro (Juan Villamayor), Robert Piris, Jorge Rojas et Matias Perez. Entraîneur : Victor Genes.

Mali : Germain Berthé, Hamidou Traoré (Malick Berthé), Abdoulaye Keïta (Bakary Nimaga), Ousmane Keïta, Samba Diallo (Seydou Traoré), Boubacar Diarra (cap), Adama Niane, Tiécoro Keïta, Mahamadou Traoré, Issiaka Samaké et Adama Mariko. Entraîneur : Moussa Keïta.


Échos mondial

Prière Les séances d’entraînement des Aiglons commencent toujours par la prière et se terminent par le même exercice. A chaque séance, le capitaine Boubacar Diarra et ses coéquipiers se regroupent au rond point central du terrain pour réciter ensemble la «fatiya». Tous les joueurs participent à cette prière, y compris le gardien Germain Berthé le seul chrétien du groupe. Mais le jeune gardien récite-t-il le Saint Coran en même temps que ses coéquipiers ? Réponse de l’intéressé : «je participe à la prière, mais je ne récite pas le Coran. La prière que nous faisons doit permettre à chacun de se concentrer. Tout le monde doit être concentré pendant la prière, c’est ça l’essentiel.

Cela ne me pose aucun problème d’accompagner le groupe pendant la prière». 52 arbitres Au total, 52 arbitres ont été sélectionnés par la FIFA pour cette 19è édition du Mondial junior, Turquie 2013. Ces arbitres viennent des six zones que compte la FIFA : la Zone Afrique, la Zone Asie, la Zone Amérique du Nord, Centrale et des Caraïbes, la Zone Amérique du Sud et la Zone Océanie. Le continent africain est représenté par 9 arbitres dont 3 référés et 6 juges de ligne. Ces hommes en noir viennent de 7 pays : la Côte d’Ivoire (2), le Cameroun (2), le Nigeria, la Gambie, le Burundi, le Rwanda et l’Erythrée qui sont représentés chacun par un arbitre. Avec 24 arbitres, la Zone Europe se taille la part du lion, devant l’Afrique, l’Asie et la Zone Amérique du Nord, Centrale et des Caraïbes qui compte chacune 9 arbitres.

Deux arbitres turcs figurent sur la liste : Cakir Cuneyt qui officie au centre et Bahattin Duran qui est juge de ligne. Les 5 joueurs les plus attendus Selon un magazine turc, il y a cinq joueurs qui devraient marquer de leur empreinte cette 19è édition de la Coupe du monde, Turquie 2013. Il s’agit du gardien de but de l’équipe de France Florian Thauvin sociétaire de Lille (Ligue 1 française), de l’attaquant espagnol Jesé Rodriguez qui évolue au Réal Madrid, du Portugais Bruma sociétaire du Sporting Lisbonne, de son coéquipier et international junior anglais, Eric Dier et du milieu de terrain turc, Salih Uçan. Sociétaire de Fenerbahce (D1 turque) ce dernier est considéré comme le grand espoir du football turc.

Déjà titulaire chez les Jaunes et noirs (couleurs de Fenerbahce), Salih Uçan a été élu cette année par l’UEFA meilleur jeune milieu offensif d’Europe. En Turquie, les supporters fondent beaucoup d’espoirs sur le jeune joueur, autant qu’ils sont convaincus que la sélection locale sortira de son groupe qui comprend également la Colombie, le Salvador et l’Australie.

Mais quand on demande aux supporters turcs de donner le nom de leur favori pour le sacre, presque tous citent l’Espagne. Pour eux, en l’absence du Brésil et de l’Argentine, la sélection espagnole fait figure d’intouchable et ils ne voient pas qui pourrait empêcher le canonnier Jesé Rodriguez (auteur d’un doublé pour son premier match contre les Etats-Unis) et ses coéquipiers de monter sur la plus haute marche du podium.

Rassemblés par S. B. T.

Essor du 24 Juin 2013