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Notre confrère de l’hebdomadaire français, France football, tire le bilan des premières sorties des équipes africaines au Mondial. Franck Simon, c’est de lui qu’il s’agit parle des expatriés maliens et vante aussi la personnalité du nouvel entraîneur des Aigles.


Entretien.

Les Echos : Quel bilan pour les Africains après cette première journée ?


Franck Simon :
Ce n’est pas un bilan positif puisque dès lors que vous avez 6 équipes qualifiées et que pour cette phase finale, vous avez 3 défaites déjà, 2 nuls et une victoire, soit 5 points sur 18 possibles au premier tour, c’est très décevant comme bilan. Mais ce n’est que la première journée, on se dit que la seconde journée sera plus prolifique en points.


Les Echos :
Comment entrevoyez-vous cette 2e journée pour les Africains ?


F. S. :
J’espère que déjà ils vont relever le niveau. C’est-à-dire on attend quand même des victoires de l’Afrique du Sud, on attend des confirmations du Ghana aussi, on attend le Nigeria qu’il marque au moins un point voire trois. Donc je table calmement sur 9 ou 10 points sur 18 possibles mais 10 seraient bien pour ce deuxième tour. En dessous de ça, ce sera très décevant et ça voudra dire que s’ils ne marquent pas plus que 12 points, cela veut dire il y aura pas de qualifié ou on aura très peu de qualifiés vraiment pour les huitièmes de finale.


Les Echos :
La Coupe du monde au son de vuvuzelas, une ambiance quand même ?

F. S. : On a des beaux stades, mais je trouve qu’au niveau de l’ambiance, ça reste timoré. On a envie que ça démarre quand même. Peut-être que ça va démarrer aux 8es de finale. On n’entend pas tellement les chansons des supporters des autres pays. C’est seulement les vuvuzelas qu’on entend à la télé, à la radio et de fait on n’attend pas forcément les chants des supporters. On a entendu peu les Anglais contre les Américains, c’est un Mondial dominé par les vuvuzelas. Le son des vuvuzelas, ça ne gâche rien à mon avis. Après il y aura plus de chants, sinon ce n’est que le début.

Les Echos : Que pensez-vous des conditions de travail de la presse ?

F. S. : Elles sont excellentes parce qu’on a de grands centres de presse, on a la connexion wifi, on a des pupitres, des écrans pour suivre les matches, on a des navettes pour les hôtels, etc. Je trouve que les conditions sont vraiment bonnes et puis on sent que les Sud-Africains et la Fifa ont fait le nécessaire, on a des gens qui nous aident, les volontaires aussi.

Il faut tirer un grand coup de chapeau à la Fifa et au pays, ils font des efforts. J’étais venu à la Coupe des Confédérations l’année dernière au mois de juin, c’était la répétition un peu et ça c’était très bien passé, mais là il y a beaucoup plus de journalistes. C’est vrai que s’il y a des matches comme Brésil-Corée du Nord, il n’y a pas assez de places dans la salle de presse, mais je trouve que ça se passe bien.

Les Echos : Que pensez-vous d’Alain Giresse à la tête des Aigles ?


F. S. :
Je respecte les choix qui sont faits, c’est-à-dire que c’est la Fédération qui a opté pour Alain. Je crois qu’il y avait pas mal de candidats en lice, c’est quand même plutôt une bonne nouvelle. Il y a un gros potentiel, les gens qui voulaient être sélectionneurs savent que c’est une équipe qui est très intéressante, qui peut progresser et qui peut faire quelque chose.

Alain Giresse a été pour moi un très grand joueur, c’est quelqu’un de très intéressant et en tant que technicien aussi, il a fait ses preuves. Ce n’est pas sa première équipe nationale, c’est un technicien qui est très ouvert, qui a une bonne mentalité, il faut l’encourager dans cette voie. Et puis on peut espérer que l’équipe du Mali reprenne une place au moins parmi les huit meilleures d’Afrique. Il m’avait dit avant la Can qu’il avait envie de continuer en Afrique quel que soit d’ailleurs le pays qu’il lui fera un appel du pied.


Les Echos :
Bientôt, c’est la reprise des championnats en Europe. Et si on vous demande de revenir sur la performance des joueurs maliens lors de la saison écoulée dans leurs différents clubs ?

F. S. : Pour moi c’est difficile de ne pas parler de Seydou Kéita qui a quand même fait de très bonnes choses avec le Barça. Il y a aussi Mahamadou Diarra « Djilla », Momo, puis Kanouté, qui a pris du recul avec l’équipe nationale depuis la dernière Can. Le Mali est représenté dans tous les championnats, les Maliens sont partout. Il faut quand même noter que c’est aussi un élément positif pour le football malien. Que ses meilleurs joueurs brillent à leur juste valeur en Allemagne, en Italie, en Angleterre, la France ou même la Grèce est positif. A mesure que les années passent, ça me fait vraiment plaisir de voir que le joueur malien est considéré aussi bien qu’un Ghanéen, un Nigérian ou un Camerounais.


Propos recueillis, à Johannesburg, par

Boubacar Diakité Sarr

Zolani Mahola, Artiste : L’icône sud-africaine

Elle était sur la scène vendredi dernier au stade Soccer City de Soweto aux côtés d’autres stars lors de l’ouverture de la Coupe du monde comme Shakira, la Colombienne. Elle, c’est Zolani Mahola du groupe sud-africain Freshlyground.

Au lendemain de la cérémonie d’ouverture du Mondial-2010, Cahier culture est parti à la rencontre de Zolani Mahola, la grande star sud-africaine du moment. Auteurs de trois albums, Zolani Mahola et son groupe de musiciens utilisent des instruments traditionnels. A la cérémonie d’ouverture, c’est elle qui a donné le ton devant plus de 94 700 personnes au stade Soccer City de Soweto aux côtés de Shakira, la Colombienne.

Zolani Mahola est la chanteuse du groupe sud-africain Freshlyground. Elle a grandi à côté de la ville de Port Elizabeth. Elle a déménagé à Cape Town où elle a étudié l’art dramatique à l’université. Elle a ensuite obtenu le rôle principal dans la série « Tsha-Tsha » sur la chaîne sud-africaine, SABC1, et a formé « Freshlyground » avec six musiciens en 2002.

Elle fait partie des chanteuses les plus reconnues d’Afrique du Sud, notamment grâce à sa chanson inspirée par la vie de ses parents, « Nomvula ». Elle a enregistré avec la chanteuse colombienne Shakira le titre « Waka Waka », retenu par la Fédération internationale de football comme chanson officielle de la Coupe du monde.

Avec son 4e album, « Radio Africa » (qui vient de sortir), le groupe se forge une nouvelle identité. Moins sucré, plus africain et minimaliste, c’est l’album de la maturité pour Zolani et son groupe, Freshlyground.
Zolani Mahola est la chanteuse du groupe sud-africain « Freshlyground ». Elle fait partie des chanteuses les plus reconnues d’Afrique du Sud, notamment grâce à sa chanson inspirée par la vie de ses parents, Nomvula.

Boubacar Diakité Sarr

(depuis Johannesburg)

17 Juin 2010