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Les conséquences du coup d’Etat survenu le 22 mars dernier n’ont épargné aucun secteur. Le secteur de l’agriculture en souffre énormément aujourd’hui avec son corollaire de crise alimentaire qui sévit dans le pays. Si rien n’est fait par le gouvernement, la famine risque de peser sur les performances de la nouvelle campagne agricole.

Le nouveau chef du département de l’Agriculture a du pain sur la planche à cause des différentes crises qui s’accumulent. Il s’agit, pêle-mêle, de la crise alimentaire, des problèmes d’intrants agricoles pour la nouvelle campagne agricole, de la gestion de la période de soudure, etc. Après une pluviométrie insuffisante en 2011, notre pays traverse aujourd’hui une crise alimentaire compromettante pour la nouvelle campagne agricole. Rien ne va plus dans les campagnes en cette veille de soudure à cause du manque de céréales et/ou de leur inaccessibilité.

Aujourd’hui, les prix des céréales ne sont accessibles à la majorité des consommateurs ni Bamako ni dans les capitales régionales. Ils oscillent entre 300 et 500 F CFA le kilo dans la capitale et de 175 à 300 F CFA dans la même proportion dans les campagnes. Afin de venir en aide aux populations sinistrées par la mauvaise pluviométrie, l’ex-régime avait pris des dispositions dans ce sens en prévoyant 20 milliards F CFA. Une disposition qui tombera à l’eau après son renversement par une junte militaire.

Et depuis, les populations sinistrées (plus de 100 communes) sont dans le désespoir puisque la rébellion au nord a pris le dessus sur toutes les autres priorités. Ces populations qui tirent présentement le diable par la queue ont besoin d’une aide urgente. La nomination du gouvernement de Cheick Modibo Diarra avait suscité une lueur d’espoir chez les populations qui pensaient que celui-ci est une réponse à leur difficulté. Malheureusement le train de CMD demeure à quai à cause des conséquences d’une nouvelle mutinerie suite d’une vague d’arrestations.

Comme pour dire que le temps est compté pour ces populations qui vivent aujourd’hui des conditions très pénibles. A l’exception du nouveau gouvernement qui a conscience de cette triste réalité que vivent les populations sinistrées puisque le Premier ministre l’a fait savoir au cours d’une de ces interventions, tous les autres regards sont tournés vers le Nord.

En tous les cas, la période de soudure s’annonce très compliquée cette année. Le nouveau gouvernement a plusieurs équations à résoudre ; à savoir : la crise au nord, la crise alimentaire, la période de soudure… Que Dieu ait pitié de nous !

Ben Dao

L’Indicateur du Renouveau du 10 Mai 2012