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La bataille pour le contrôle de la Maison de la presse qui oppose le bureau d’Ibrahim Sangho, élu le 26 août 2006, et celui de Makan Koné, issu de l’AG du 2 septembre 2006, a abouti hier à la fermeture, par les autorités policières, des locaux de la MP jusqu’à nouvel ordre.

« Nous avons reçu instruction de fermer la Maison de la presse jusqu’à nouvel ordre ».

C’est en ces termes que le commissaire de la police du 2e arrondissement s’est adressé, hier aux environs de 10 h aux usagers de la Maison de la presse avant de mettre les portes sous scellés.

Par mesure de prudence, les autorités, on ne saurait dire avec précision lesquelles, ont instruit au 2e arrondissement de mette les portes de la Maison sous scellés. Tout est parti dans la nuit de lundi à mardi. Des loubards recrutés par le camp de Sangho, semble-t-il, avaient décidé de prendre possession des locaux qui étaient déjà gardés par des partisans de Makan Koné.

Les « assaillants » par les partisans de M. Koné ont été repoussés, mais ils n’avaient pas baissé les bras, car ils avaient l’intention de revenir dans la soirée, raconte un témoin. Et dans la soirée, il eut effectivement des échauffourées, les assaillants venus de nouveau ont été refoulés par les partisans de M. Koné, soutenus par certains habitants du quartier de Darsalam. L’affrontement entre les deux camps était presque imminent. C’est la raison pour laquelle, par mesure de précaution, la Maison de la presse a été fermée provisoirement a indiqué, Alpha Dieudonné Sow, secrétaire général du ministère de la Communication.

Selon M. Sow, le département s’est impliqué pour que cette situation n’arrive pas au point que nous vivons depuis hier c’est-à-dire la fermeture de la Maison. A preuve, explique-t-il, le ministère avait proposé la création d’une commission ad hoc composée de deux représentants de chaque tendance et d’un représentant du département qui aurait pour charge de gérer les affaires courantes de la Maison durant une période n’excédant pas trois mois et au cours desquels les protagonistes seraient appelés autour d’une table de discussion afin de trouver un consensus. Mais le Ségal regrette que cette clause n’ait pas été acceptée par une tendance.

Si le secrétaire général reconnaît que la situation est pourrie et déplore que « la fermeture de la Maison de la presse n’est pas une bonne chose et nous met mal à l’aise », il ne l’impute pas à son département car, avance-t-il, le département entretient des relations horizontales et non verticales avec la Maison de la presse. Sans fixer de date, il indique que la Maison de la presse sera rouverte dans quelques jours.

Du côté des deux tendances, l’on estime que c’est le ministère de la Communication qui refuse de prendre ses responsabilités. Makan Koné pense que le département ne joue pas suffisamment son rôle pour faire respecter les règles démocratiques selon lesquelles il détient la majorité (10 associations contre 3 pour l’autre tendance).

A l’en croire, pendant 40 jours, les locaux ont été occupés illégalement sans qu’une autorité lève le petit doigt pour dénoncer cet état de fait. Il pense aussi que la fermeture n’est pas la meilleure solution. Celle-ci n’étant autre que le rétablissement de l’équipe majoritaire et légitime dans les locaux.

De son côté, M. Sangho que nous avons pu joindre au téléphone pointe un doigt accusateur vers le département de la Communication. A ses dires, sa légalité et légitimité reposent sur le récépissé dont il dispose. Ce à quoi M. Koné rétorque et affirme que ce document est une gaffe commise par le ministère de l’Administration territoriale.

Selon M. Koné, la Maison de la presse a un statut d’utilité publique, ce qui veut dire qu’elle ne peut pas changer du jour au lendemain sans que le conseil de ministre ne statue sur la question, ce qui à son avis n’a pas été fait.

Tous nos interlocuteurs estiment que la fermeture de la Maison n’est pas une solution sage et dérange. Si le ministère affirme que cette fermeture ne prendra que quelques jours, de l’autre côté on pense que l’ouverture n’interviendra pas avant le 18 octobre, date où le tribunal de la Commune III devra statuer sur le procès en annulation de l’Assemblée générale du 26 août dernier qui a consacré le bureau contesté par Makan et ses partisans.

Denis Koné

11 octobre 2006.