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Le monde des affaires est très complexe au Mali. Entre les patrons d’entreprises divisés en deux grands groupes, à savoir le Conseil National du Patronat du Mali (CNPM) et le Mouvement des Entreprises du Mali (MEDEM) via la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), c’est je t’aime, moi non plus.

Le CNPM est présidé par Moussa Balla Coulibaly, également président du Conseil Economique, Social et Culturel (CESC), tandis que le MEDEM est dirigé par Jeamille Bittar, également président de la CCIM. La rivalité entre les opérateurs économiques du Mali a atteint son paroxysme en fin 2005 début 2006 suite au dernier renouvellement du mandat des membres de l’Assemblée Consulaire de la CCIM.


Protocole d’accord CNPM-MEDEF

Jeamille Bittar, alors candidat sortant à sa propre succession était opposé à Ousmane Guittèye, candidat des 7 milliardaires soutenu par des membres influents du CNPM. Dans la foulée, Bittar créa le MEDEM à l’image du puissant MEDEF français pour contourner le patronat malien.

Comme pour se venger de Bittar et son MEDEM, le CNPM vient de faucher l’herbe sous ses pieds en signant un protocole d’accord de coopération avec le MEDEF français. La cérémonie de signature dudit protocole a eu lieu le 9 février 2009 a l’Hôtel Radisson de Bamako.

Elle a enregistré la présence de Moussa Balla Coulibaly, président du CNPM, Bakary Camara président du Réseau des Entreprises de l’Afrique de l’Ouest (REAO), Patrick Lucas président du MEDEF international, Michel Reyverand De Menthon, Ambassadeur de France au Mali entre autres.


Un protocole de 2 ans renouvelable

Le protocole d’accord de partenariat entre le MEDEF Interntional et le Conseil National du Patronat du Mali s’étend sur deux ans renouvelable. Il touche à tous les domaines du monde des affaires, qu’il s’agisse du commerce, de l’industrie, des services, de l’organisation de voyages d’études, de missions, de chefs d’entreprises, de conférences organisées conjointement, de symposiums, des échanges d’informations ainsi que de la formation professionnelle.

Les deux parties française et malienne: MEDEF pour la France et le CNPM pour le Mali, s’engagent à collaborer et à promouvoir la coopération économique, a maintenir entre elles l’échange d’informations économiques à favoriser le renforcement des capacités.

M. Patrick Lucas du MEDEF international, comité Afrique, dans son discours, a déclaré que son organisation s’emploiera à entraîner le maximum d’entreprises françaises à venir investir au Mali. Selon la formation des ressources humaines de qualité. “Nous allons écouter et accompagner les orientations politiques de nos deux pays”, a-t-il ajouté.


Moussa Balla Coulibaly du CNPM

Au nom de l’ensemble des chefs d’entreprises du Mali, Moussa Balla Coulibaly, président du CNPM a salué Michel Roussin qui a jeté les bases du partenariat entre hommes d’affaires français et maliens en 2003 alors qu’il était le président du MEDEF International. M. Roussin fut le 1er côté français, à effectuer un voyage au Mali pour explorer les voies et moyens possibles d’une coopération fructueuse et mutuellement avantageuse.


“De cette période à maintenant, d’énormes efforts ont été consentis par les autorités du Mali pour mettre en place un environnement législatif et réglementaire favorable au développement des entreprises et du secteur privé. C’est vous dire que c’est avec beaucoup de plaisir que nous vous recevons dans un environnement des affaires fortement améliorées”
, a dit le président du CNPM.

Le protocole d’accord de coopération signé hier marque sans nul doute le point de départ d’une véritable coopération entre le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF International) et le Conseil National du Patronat du Mali (CNPM). Le contexte national et international marqué par la mondialisation et aujourd’hui par la crise financière et économique impose à ces deux organisations d’ajuster leurs stratégies d’intervention et de coopérer mieux afin de consolider la position des entreprises françaises et maliennes.

Pour terminer, M. le président du CNPM a dit que dans le contexte économique international actuel marqué par la concurrence et la compétition, il dispose de ressources humaines à même de s’adapter à un environnement en perpétuel changement ; ce qui reste un atout pour toute entreprise, tout pays et toute économie.

C’est pourquoi le Conseil National du Patronat du Mali attache une importance particulière à la formation professionnelle, celle des travailleurs et celle des chefs d’entreprises. “Pour arriver à cette fin, nous comptons sur l’accompagnement du Mouvement des Entreprises de France”, a-t-il conclu.


Daba Balla KEITA

10 Février 2009