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web-39.jpgCe n’est pas pour dire que ce dernier tire le diable par la queue mais généralement, c’est tout comme, tant la cherté de la vie avec ses intempestives augmentations de prix, l’obligeait à vivre petitement.

Paulin, lui, c’est autre chose ; le genre à constater la hausse des prix parce que les autres en parlent. Malgré tout, Paulin ne s’est pas séparé de son ami d’enfance Bernard. Mais le doute sur la sincérité de cette amitié est permis, quand l’on sait que la femme de Bernard fut l’amie de jeunesse de Paulin. Puis, ils s’étaient séparés. De longues années plus tard, Bernard l’a rencontra puis l’épousa.

La femme devient ici le point d’attache entre les deux hommes. Leur autre point de rencontre, c’est la bière et une ambiance facile. A part cela, Paulin avait renoué avec son ex-petite amie, l’épouse de son ami Bernard. A l’insu de ce dernier, bien entendu.

Ils avaient commencé par se rencontrer en ville puis, Paulin imagina un plan pour bien pimenter les cornes qu’il enfonçait dans la tête de l’infortuné Bernard, c’était les week-ends et les jours de fête que cela se passait. C’est dire comment il volait à tout moment, l’épouse de son ami.

Les jours ordinaires aussi, ils se rencontraient régulièrement. Paulin venait chercher Bemard et ils allaient retrouver des amis dans un maquis à l’autre bout de la ville. Après une lampée de Whisky, Paulin s’excusait auprès des autres pour une petite course, promettait de revenir et pour confirmer la chose, leur demandait de se faire servir à volonté, ce qui généralement, augmentait la bonne humeur de la table.

Puis, laissant Bernard là, Paulin allait chercher son épouse qui attendait à la maison. La bakarisation se faisait sur place si possible, sinon ils sortaient, « takiborsaient » puis, Paulin venait déposer madame avant d’aller retrouver son époux qui était loin de s’imaginer ce qui venait de se passer.

Mais ne dit-on pas que toutes les choses, bonnes ou mauvaises, ont une fin ? Pour les deux illégaux, cette fin allait plutôt être difficile. Cet après midi-là, ils revenaient après une rude partie de kinka-yka effectuée en dehors de la ville. Comme d’habitude. Paulin laissa le volant à madame Bernard pour le retour. Celle-ci qui conduisait imparfaitement, n’avait même pas le permis de conduire.

A un virage, ils furent surpris de constater la présence de deux gendarmes arrêtés auprés de leurs motos. Les gendarmes les regardèrent passer en trombe, sans porter le sifflet à la bouche. Madame leva les yeux pour voir au rétroviseur s’ils les suivaient. Quand elle les reporta sur la route, l’on était à un autre virage qui la surprit. Devant elle, un paysan à vélo : elle le ramassa, sortit de la route et alla emboutir un arbre. Le paysan fut tué sur le coup et les deux trompeurs sérieusement blessés.

Le plus choqué fut sans nul doute Bernard, lorsqu’il sut le tour pendable que ces deux traîtres lui jouaient. On ne s’étonnera donc pas qu’il se félicita du malheur qui leur est arrivé, même si un peu plus tard, alors qu’il ne l’avait pas répudiée, madame est partie s’installer dans une des villas de Paulin qui en a fait son deuxième bureau.

Pauvre Bernard, de quoi donner l’envie de tuer quelqu’un !

Sacré Chédou OUEDRAOGO | Sidwaya

04 octobre 2007