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Le panier de la ménagère n’est plus vide, il est troué, voire cassé depuis le début de cette année. En période hivernale où tout devient plus cher que d’ordinaire, les Maliennes ont cette fois-ci vraiment peur du mois d’août, période de soudure par excellence, qui s’annonce. La part du budget d’un ménage destinée aux dépenses alimentaires et d’entretien de la maison, et qui sert dans le calcul du coût de la vie est non mesurable. Où allons-nous ? Cette question, les femmes se la posent et demeurent sceptiques.

La vie chère est depuis le début de cette année une question préoccupante pour les Maliens. A Bamako, des tensions ont été enregistrées, mais les prix continuent leur course infernale, les ménagères n’arrivant plus à se procurer l’essentiel des produits de première nécessité.

Les regards restent braqués sur la Commission qui a été mise en place pour casser un tant soit peu l’étreinte de la vie chère mais sans grand enthousiasme. A preuve : « Hier (mercredi 2 juillet 2008, Ndlr), j’ai acheté au grand marché de Bamako un kilo de pomme de terre à 500 F CFA, quelques petites tomates en fruit à 200 F CFA, un petit sac d’arachide de rien du tout à 3000. En fait les prix varient au jour le jour à tel point qu’on ne comprend plus rien », s’indigne une mère de famille du quartier populaire de Bozola.

Pour Mariam Traoré, vendeuse de condiments au Grand marché de Bamako, « c’est sur les produits de première nécessité auxquels on ne peut renoncer que les commerçants grossistes aiment spéculer ». « On a par exemple l’huile de cuisine. Avant, elle coûtait 800 F CFA, mais présentement, elle varie entre 900 et 1000 F CFA le litre. L’oignon est à 500 CFA le kilo », constate-t-elle.

Foyers en danger

Cette flambée des prix des produits alimentaires a provoqué la mésentente dans bien des foyers conjugaux. « Ma famille est petite. Avant, mon mari me donnait 1000 F CFA chaque jour comme prix de condiments. Avec cette somme, je parvenais à faire tous mes achats. Mais, maintenant, c’est impossible. A cause de la flambée des prix mon mari et moi, on ne s’entend plus. Vraiment il faut que le Commissariat à la sécurité alimentaire assume sa responsabilité », souligne une ménagère, diplômée en chômage.

Saran Coulibaly, une autre mère de famille sans emploi ajoute que : « Le riz est cher, l’huile est chère et le gouvernement ne fait rien. On est fatigués, on n’a pas de travail, nos enfants n’ont pas de travail, on se débrouille pour manger, on ne trouve rien à manger. On a faim, on a soif. Vraiment on est fatigués ! »

Les prix d’autres produits de base ne font que grimper au Mali alors que le pouvoir d’achat du citoyen reste inchangé. Les ménages survivent difficilement et attendent de véritables mesures en vue de renforcer leurs capacités financières.

Les prix sont montés en flèche, passant parfois du simple au double. Le kilo du riz Gambiaka est passé de 250 F CFA à 400 F CFA en quelques mois. Le kilo de la viande avec os de 700 F CFA à 1400 F CFA et sans os à 1750 F CFA. En quelques mois le litre d’huile passait de 600 à 850 F CFA, voire plus.

Le lait, le savon et d’autres produits essentiels sont engagés dans leur course, mais les salaires, eux, restent inchangés. Tout porte à croire que l’inflation va se poursuivre, d’où la crainte du mois d’août notamment par les jeunes femmes dépensières et qui risquent de se retrouver dans une situation inextricablement inexorable.


Assitan Haïdara

(stagiaire)

08 Juillet 2008