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Le flamboyant Commissaire de l’UE en charge du Développement et des affaires humanitaires est tout sauf un adepte de la langue de bois. Et c’est tout à son honneur. En plus ses convictions personnelles et son engagement sur le front de l’humanitaire sont remarquablement rares et sont un atout pour l’autre partie du monde : sa majorité souffrante. Mais il y a quelque chose d’extrêmement agaçant dans les récents propos du Commissaire Européen tenus au Moyen-Orient sur ce qu’il dit être « la responsabilité partagée du Hamas » dans l’horreur que Tsahal vient de signer à Gaza.

Ne versons pas dans l’angélisme et reconnaissons tout de suite que la violation du cessez-le feu de l’été 2007 est bien le fait du Hamas qui a envoyé depuis plus de six mille roquettes sur Israël. Reconnaissons également que Louis Miche n’a pas été tendre sur Israël dont il trouve la réponse insoutenable et extrême.

Mais le diplomate, pour louable que soit son principe du parler-vrai, parlait sur la tombe fraiche de plus d’un millier palestinien dont la majorité n’a eu d’autre sépulture que les tas de gravats que les bombes sionistes ont fait de leurs maisons, de leurs écoles, de leurs hôpitaux et de leurs mosquées.

Le coût humain de la répression israélienne, de même que les moyens extrêmes utilisés pour le forfait auraient dû interdire, à ce moment, le type de procès tenu par Louis Michel, car au-delà du Hamas, il peut paraître justifier l’injustifiable contre les populations civiles de Gaza. A moins de prôner, valider et agir sur la base du « délit de nationalité palestinienne ».

Autre argument qui aurait du pousser le Commissaire Européen à observer le principe de précaution, c’est qu’en fait, la violation du cessez-le feu, sans la justifier, doit être mise en rapport avec le maintien par Israël du blocus sur Gaza, contrairement aux accords signés entre les parties au conflit. Ensuite, même si Louis Michel n’est pas l’inspirateur de la position de l’UE mais son porte-voix, il était possible important que sa visite sur les lieux du crime hume l’air d’humilité et d’ouverture que l’arrivée d’Obama semble annoncer.

A cet égard, refuser la discussion avec le Hamas, c’est maintenir la partition de la Palestine, et prendre le Hamas ou le Fatah pour l’arbre qui cache la forêt, à savoir la détresse d’un même peuple soumis au même joug.

La bataille contre le terrorisme qui doit être une cause universelle ne sera jamais gagnée avec les missiles furtivement lancés qui tuent plus de civils qu’ils ne détruisent les activistes recherchés. Elle sera gagnée le jour où l’islam politique sera sevré de sa base sociale. Cela sera un fait quand la honteuse tragédie de la Palestine aura trouvé sa solution et il faut faire en sorte que le Hamas y contribue, plutôt qu’il en soit exclu.

Adam Thiam

28 jANVIER 2009