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Les cérémonies se suivent et se ressemblent au siège de l’ADEMA, Parti africain pour la Solidarité et la Justice, à Bamako Coura. En effet, moins d’un mois après avoir absorbé le RND, une formation représentée à l’Assemblée nationale et au gouvernement et une semaine après l’adhésion du groupe des indépendants «Farako» de la Commune III, le parti de l’Abeille a enregistré, hier mardi 13 mai, l’arrivée en son sein du Parti pour l’Unité, la Démocratie et le Progrès (PUDP) de feu Mamadou dit Maribatrou Diaby.

Un homme qui a, certes, définitivement tiré sa révérence, mais a laissé des traces indélébiles sur la scène politique malienne. Les présidents de l’ADEMA, Dioncounda Traoré et du PUDP, Kola Kan Diallo, ont signé, hier 13 mai, une déclaration dont les termes consacrent la dissolution de la seconde formation et son intégration totale à l’ADEMA.

La fine pluie qui s’est abattue hier en fin d’après-midi sur Bamako a agréablement perturbé (bénir diront certains) la cérémonie de signature de la fusion du PUDP au sein de l’ADEMA PASJ.

Désormais, le parti de feu Mamadou dit Maribatrou Diaby est mort, de sa belle mort. En effet, depuis la disparition de son emblématique fondateur, le PUDP était tombé dans une certaine léthargie et se faisait entendre de moins en moins sur la scène politique.

Ses responsables ne pouvaient alors que prendre cette décision sage de rallier une grande formation politique. Et leur choix s’est porté sur le parti de l’abeille.

Le président l’ADEMA et ses camarades ont grandement ouvert la porte de leur formation politique aux responsables et militants du PUDP.

Les contacts ont été couronnés hier par cette cérémonie de signature entre le président de l’ADEMA, Pr Dioncounda Traoré et celui du PUDP, Kola Kan Diallo. L’événement a mobilisé plusieurs barons du Comité exécutif de l’ex-parti au pouvoir, notamment Assarid Ag Imbarcawane, un des vice-présidents, le Secrétaire général, Marimanthia Diarra,

le Secrétaire aux relations extérieures, Boubacar Bah, le Secrétaire à la Communication et non moins ministre du Développement social, de la solidarité et des personnes âgées, Sékou Diakité. Il s’est également déroulé en présence de Abdoulaye Garba Tapo, ex-ministre de la Justice et ex-président du RND qui vient de rallier la grande famille du parti aux couleurs rouges et blanches.

De nombreux militants et militantes du parti, des femmes et des jeunes avaient pris d’assaut la cour du siège pour assister à cet agrandissement de leur famille politique et souhaiter la bienvenue aux nouveaux militants. Certains partis amis étaient également de la fête. Le siège était paré, pour la circonstance, aux couleurs du parti.

C’est dans cette atmosphère bon enfant que les présidents Dioncounda Traoré et Kola Kan Diallo ont signé une déclaration.

Dans ce document, les deux partis justifient leur action par plusieurs raisons : la nécessité de porter toujours plus haut les principes d’égalité, de justice et de solidarité, de travail et de démocratie au profit de l’ensemble des citoyens du Mali ; le souci de préserver la paix et la stabilité dans le pays, socle de la concorde nationale ; l’approfondissement de la démocratie comme valeur universelle ;

l’élargissement et le renforcement qualitatifs de l’action des partis politiques par l’association du plus grande nombre de citoyens, une action prioritaire et permanente pour la préservation de la démocratie. Aussi, pour les responsables des deux partis, il s’agit de préserver les idéaux du 26 mars et les acquis notables des 17 ans de notre régime démocratique.

Autres raisons invoquées et qui sont fondamentales, ce sont les fortes valeurs communes et des rapports constants de collaboration politique depuis le début de la 3ème République, notamment lors des élections générales de 1997.

Plus précisément la présidentielle de la même année pendant laquelle, le président-fondateur du PUDP, Mamadou dit Maribatrou Diaby avait réfuté le mot d’ordre de boycott général du COPPO (Collectif des partis politiques de l’opposition) dont il était membre pour présenter sa candidature contre le président sortant, Alpha Oumar Konaré, candidat à sa propre succession.

L’acte a été décrié, en son temps, mais a contribué, quelque part, à sauver la jeune démocratie malienne d’une crise.

C’est pour toutes ces raisons que les partis politiques l’ADEMA PASJ et le PUDP ont convenu, comme stipulé dans la déclaration, «d’unir leurs efforts dans l’approfondissement de la démocratie, de l’égalité, de la justice et de la solidarité ; d’entreprendre ensemble, au sein de la même et seule formation politique, l’ADEMA, toutes les actions indispensables à la pérennisation des idéaux du 26 mars 1991 et à la poursuite efficace des actions de développement politique, institutionnel, social et économique».

A cet effet, ces responsables ont décidé «de fusionner par une intégration totale du PUDP et de constituer un seul et même parti – l’ADEMA-PASJ – de prendre acte de la dissolution du PUDP et, enfin, d’appeler toutes les militants, toutes les militantes et sympathisants des deux partis politiques à prendre toutes les dispositions utiles, à tous les niveaux de l’ADEMA-PASJ et du PUDP pour élargir, dans l’entente et la fraternité, les rangs du parti ADEMA».

La fusion a été saluée par les responsables des deux formations politiques comme un pas important dans la consolidation de notre démocratie.

Comme l’a toujours défendu le président Dioncounda Traoré, il ne peut y avoir plus de 100 projets de société pour le Mali et des événements du genre doivent se poursuivre dans l’intérêt de notre jeune démocratie et pour le développement socio-économique du pays. Il a affirmé que les anciens militants du PUDP, désormais, militants de l’ADEMA jouissent des mêmes droits au sein du parti que tous les autres militants.

Ils doivent intégrer les structures de la base et du sommet et densifier ainsi les rangs du parti dans la perspective des élections municipales de 2009 et de la reconquête du pouvoir en 2012.

Youssouf CAMARA

14 Mai 2008