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Cela lui semble encore incroyable. « Je n’en reviens pas. C’est moi, la première femme maire d’Egypte », lance Eva Habil, portée à la tête d’un gros village copte de la vallée du Nil. La décision est tombée en novembre du ministère de l’Intérieur. Komboha, en Haute Egypte, région très conservatrice, à 400 kilomètres au sud du Caire, allait être administré par une femme. Cela n’était jamais arrivé. Un mois plus tard, Madame la maire, en jeans et tricot rose, arpente avec aisance les ruelles en terre de cette localité de 10.000 habitants. « Mon père était déjà maire, je suis née ici, je n’ai rien d’une parachutée », lance-t-elle. Eva Habil admet que « les choses évoluent à petits pas ». Femme, célibataire, et copte, Eva, une avocate de 53 ans, savait en se lançant en politique qu’elle partait avec des handicaps majeurs dans un pays machiste et gangrené depuis trente ans par l’islamisme. C’est peu dire que le paysage politique est entaché de sexisme. Sur 454 députés, l’Assemblée ne compte que neuf femmes, dont seulement quatre ont été élues et cinq nommées par décret présidentiel, soit moins de 2%. (Afp)