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Cet homme est un habitué des différents attelages gouvernementaux depuis la transition de 1991, où il a fait son entrée dans le Gouvernement de Transition sous ATT. Avec l’élection du Président Alpha Oumar Konaré en 1992, il est resté dans les gouvernements, successifs tantôt à l’environnement, tantôt aux travaux publics etc…

A la fin du mandat d’Alpha Oumar Konaré, il a été nommé directeur général en 2002 du tout nouveau service de l’Agence Nationale d’Investissement des Collectivités (ANICT), créée pour soutenir financièrement le développement des infrastructures communales. Lorsqu’il était à l’ANICT, là-bas, il a fait la pluie et le beau temps. En quittant, il a laissé comme ardoise 2 milliards FCFA devant revenir aux prestataires de service qui ont subi les conséquences du coup d’Etat de 2012 et la suspension des financements par les bailleurs de fonds du Mali.

Il n’a quitté ce poste qu’avec l’arrivée d’IBK à la tête de l’Etat pour prendre le portefeuille de l’environnement puis de la décentralisation et depuis le 3 septembre 2016, celui de l’administration territoriale.

Dans ce remaniement, le plus inquiétant pour les maliens du sud est la nomination de Mohamed Ag Erlaf au poste souverain de l’administration territoriale. Cet homme a été toujours accueilli avec réserve par les maliens. Depuis les évènements de 2012, il est resté bouche cousu sans rien dénoncé dans les agissements de ses parents Ifoghas de Kidal. Dans le cadre de l’exécution du projet PSPDN qu’ATT avait initié pour le développement des régions du nord, aucune de ces infrastructures n’existe aujourd’hui. Tous les fonds de 34 milliards sont allés en fumée sans qu’aucune trace ne soit visible sur terrain, alors que tous les marchés ont été exécutés par les entreprises appartenant aux entreprises du nord. Ces fonds sont allés au compte perte et profits y compris la vingtaine de Pick-up achetés pour le suivi des chantiers. Ils se sont retrouvés dans la main du MNLA selon certains ressortissants de Kidal auxquels les marchés ont été refusés. Le processus de paix est bloqué, Erlaf ne l’a jamais dénoncé. Il n’a jamais dénoncé non plus le fait que le processus de paix soit devenu une question de chantage, une vache laitière de la part de ces parents. Il est accusé par ses détracteurs qu’il soutient la tendance des mouvements qui ne veulent pas de la paix et tiennent à leur fantomatique république de l’Azawad. Aussi soutiendrait-il le fait de qualifier la ville de Kidal non pas comme seulement la capitale régionale, mais aussi celle de la république de l’Azawad. Selon les mêmes sources, il a soutenu morducus, contre vent et marée, la mise en place des autorités transitoires qui se sont avérées finalement comme des instances imposées aux populations car garantissant les intérêts de ceux qui se battent pour la création de la république de l’Azawad. En mettant, un homme fermé de surcroit un touareg Ifoghas dans la posture de gérer l’administration territoriale, l’intégrité territoriale du Mali est menacée doublement. Le Ministre Abdoulaye Idrissa Maïga a toujours servi de contrepoids à ses désirs de partage du Mali. Malheureusement le Président IBK a une myopie qui l’empêche de voir clair dans la gestion de cette crise. Généralement, nos dirigeants n’ont jamais tiré les leçons du passé politique, sociologique et sécuritaire de l’histoire récente du Mali.

Ils reprennent toujours les mêmes schémas qui aboutissent aux mêmes crises après avoir gaspillé sans résultat les ressources humaines et financières de l’Etat au profit des gens qui n’ont jamais été maliens.
Cécité politique quand tu nous oblige donc !

Seydou DIARRA

Du 9 Septembre 2016