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Ils ont, tous deux, condamné avec la dernière rigueur le coup d’Etat du 22 mars 2012 avant de créer le FDR pour demander le retour à l’ordre constitutionnel normal. Tous deux ont longtemps séjourné dans les geôles de l’ex-CNRDRE à Kati où ils ont payé le plus lourd tribut, lorsque les mutins les soupçonnaient d’être les commanditaires du contre coup d’Etat du 30 avril 2012. Il s’agit de Modibo Sidibé des FARE et Soumaila Cissé de l’URD, tous deux candidats malheureux à l’élection présidentielle de 2013 qui ont décidé d’animer une opposition républicaine.Leurs liens ont été raffermis, mercredi dernier, à travers une visite de la délégation de FARE au siège de l’URD à Badalabougou.

Cette visite du tout nouveau président des FARE, Modibo Sidibé, à la tête d’une forte délégation au siège de l’URD marque le début des actions communes que les deux formations politiques entendent mener ensemble à travers une opposition républicaine.

Après près d’une heure de travail, les présidents des deux formations se sont adressés à la presse.

Premier à prendre la parole, Modibo Sidibé qui explique que son parti vient de tenir son 1er congrès dont les résolutions demandent de prendre attache avec un certain nombre de partis politiques à commencer par ceux représentés à l’Assemblée nationale pour leur expliquer les nouvelles directions et orientations du parti.

Aussi, pour clarifier le positionnement du parti qui se réclame de la social-démocrate, le contenu de leur manifeste.

« Nous avons choisi d’être dans l’opposition républicaine et démocratique par choix politique et idéologique pour la République et la démocratie pour que la pratique de l’opposition devienne naturelle parce que c’est indispensable. », explique Modibo Sidibé. Qui explique que c’était la raison de leur visite au siège de l’URD où ils ont été bien accueillis.

A l’en croire, cette visite leur a permis d’avoir des échanges extrêmement importants qui pourront leur permettre de mener des combats pour renforcer la démocratie pour que ses deux mamelles que sont la majorité et l’opposition puissent fonctionner normalement. Car il ne s’agit pas de diaboliser l’opposition pour la majorité. Encore moins, pour l’opposition de vouloir paralyser la majorité dans l’exercice de ses choix confortés par le peuple.

Une vision commune pour une convergence dans l’opposition

Pour permettre à l’opposition de bien remplir sa mission, Modibo Sidibé propose au gouvernement de pencher sur la question de l’opposition, son respect, son pouvoir et son poids à travers un statut de l’opposition qui permettra de conforter la démocratie dans notre pays.

Soumaila Cissé, pour sa part s’est dit honoré de la visite de Modibo Sidibé et de son équipe des FARE parce qu’ils ont combattu ensemble.

« Beaucoup de gens oublient que si nous sommes arrivés là avec le retour à une vie constitutionnelle normale, les élections présidentielles et législatives, c’est que des hommes et des femmes se sont battus en mettant en avant des principes républicains et démocratiques. Ceux et celles qui constituent les FARE et l’URD font partie de ceux-là. », a-t-il indiqué.

Et de poursuivre : « Aujourd’hui, nous nous retrouvons parce que nous avons tous les deux un engagement patriotique réel, nous revendiquons de nous sacrifier pour ce pays et à faire encore plus pour ce pays. Nous revendiquons de construire ensemble une opposition crédible, républicaine, qui fera avancer le débat par ce que nous manquons de débat, une opposition qui pourra critiquer et accepter ce qui va dans le bon sens.

Une opposition qui va proposer de nouvelles choses pour que le pays puisse avancer tant au niveau de la relance économique, tant au niveau judiciaire qu’au niveau des choix des hommes et des femmes qui vont diriger ce pays. C’est pourquoi nous sommes fiers aujourd’hui de recevoir l’équipe des FARE et les féliciter pour ce congrès et leur combat. ».

Avant d’ajouter que c’est avec un grand espoir qu’ils se sont rencontrés. Et ils vont approfondir les discussions, mettre en avant des solutions et des propositions concrètes pour faire avancer ce pays.

« Je suis sûr que vu leur engagement patriotique, nous allons constituer avec les FARE une alternative à ce qui se passe aujourd’hui. », assure Soumi Champion.

Avant de conclure : « l’opposition se porterait mieux si les jeux étaient clarifiés de partout, si le statut de l’opposition était reconnu par le gouvernement, si les devoirs et les droits de l’opposition sont mis en avant, si l’opposition est acceptée et confortée dans le choix démocratique que le peuple malien a fait, car il y a plus de vingt ans que nous avons mis en avant des principes républicains démocratiques. Et il faut que l’opposition puisse se mouvoir dans ce pays puisque nous aimons ce pays comme les autres ».

Georges Diarra

18 Avril 2014