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Le Premier ministre, chef du gouvernement, Modibo Sidibé a séjourné du 29 février au 03 mars derniers dans la zone de l’Office du Niger, en 4è région (voir L’Aube n° 48 du jeudi 06 mars 2008). Dernier acte de cette visite : un point de presse (avec la presse nationale privée et publique et ségovienne) au cours duquel, il a fait le bilan de ce qu’il a vu sur le terrain et de ce qu’il en retient globalement.

« Au vu de la place de l’agriculture dans le PDES du président de la République, il était important que nous nous rendions dans l’Office du Niger qui est un symbole, en terme de zone et d’espace pour l’agriculture, l’élevage et la pêche. Et d’essayer de comprendre avec les exploitants, quelle est leur vision, quelle est leur compréhension des choses ; leur passer le message de la mission que le président de la République nous confiés, celle de faire de notre pays une puissance agricole, notamment céréalière. Avec ma délégation, nous avons été particulièrement surpris par le grand potentiel dont dispose l’Office.

D’abord le barrage de Markala, où il y a un dispositif qui permet de mettre en œuvre tout le système d’irrigation. Et c’est prévu pour 1 million d’hectares, mais nous en sommes à moins de 100 mille hectares. Donc, les capacités sont là ; il faut continuer à entretenir le barrage ainsi que canaux d’irrigation, au regard de l’envasement et de l’envahissement par les plantes aquatiques. Il faut non seulement consolider l’existant, mais aussi développer une partie du potentiel.

Deuxièmement, il faut aussi que nous regardions le développement des rizières. Tous les sujets doivent être regardés dans leur ensemble. C’est d’abord la question du riz, bien attendu. Aujourd’hui, il faut bâtir une véritable filière du riz, la développer et la consolider. Egalement, ce sont les autres cultures de contre-saison, telles que le blé, l’échalote, les oignons, la pomme de terre. Nous avons pu constater le maraîchage ; il y a d’immenses potentialités à ce niveau et les femmes qui exploitent ces espaces, n’en demandent pas plus qu’on les accompagner dans cela ; ça, c’est très important à mon avis.

Nous avons vu également des hommes et des femmes qui se battent et qui croient en leurs entreprises. Je prends le groupement « Sambalagnon », ou le groupement « Nyèta Kimbirila » qui se sont regroupés et se sont endettés auprès des banques pour faire des aménagements, les exploiter, avec des bénéfices. La mini rizière de Modibo Kimbiri est la seule aujourd’hui dans tout l’Office et vous aviez vu la qualité du riz. C’est ça les éléments de croissance que nous attendons ; c’est comme cela que les productions se développent, que la productivité augmente, que la transformation se met en place avec les acteurs eux-mêmes. Et au bout, les anneaux de la chaîne se mettent en place, et là nous aurons effectivement la possibilité de créer la prospérité, qui sera d’abord la prospérité des exploitants.

C’est vrai qu’il y a des difficultés, notamment la question des semences, des intrants, des équipements, de la transformation, du transport, de l’entreposage et de la distribution des produits. C’est pour ça qu’il faut regarder ensemble et c’est pour ça que nous nous sommes décidés à initier le fonds du développement agricole qui sera mis en place dans les deux mois qui viennent par l’Etat et les autres partenaires. Les banques et les systèmes financiers décentralisés sont prêts aussi à concourir au financement de l’ensemble des projets clairs et nets.

D’un autre côté, certains se plaignent de l’eau. Une bonne partie de la crise d’eau survenue l’année dernière était due justement au problème d’entretien et de détérioration d’un certain nombre de réservoirs qui ne donnaient plus le débit normal à cause l’envahissement des canaux les plantes aquatiques. A cet égard, il faut une grande rationalisation de l’eau, deuxièmement, il faut que nous puissions faire tout pour que la détérioration soit arrêtée pour que les bras morts retrouvent rapidement toutes leurs capacités.

Egalement, il faut accroître la lutte contre les plantes nuisible à l’eau. Je crois qu’il y a aujourd’hui des moyens qui sont entrain d’être mis en place par les privés maliens.

En attendant, il faut que dans le dialogue, dans la concertation, dans la discussion les uns et les autres regardent les problèmes ensemble…..

Objectif : un million de tonnes de paddy

Et puis, la question des engrais. Nous nous sommes rendus compte qu’en organisant mieux l’ensemble du système d’approvisionnement en intrants de la zone Office du Niger, on peut faire de l’économie, on peut rendre les choses plus transparentes, plus performantes. On peut faire une planification, il faut commander à temps, faire des achats en gros. Après, les associations pourraient se charger de faire la distribution.

Donc, je dois dire, qu’en nous déplaçant ici dans la zone Office du Niger, nous avons pu constater que les capacités, les potentialités qu’on avait estimé trouver ici, nous les avons trouvées ; mais en même temps, nous nous adressons à l’ensemble de la communauté agricole, élevage, pêche pour dire que nos ambitions sont aussi, que l’Office du Niger s’organise en rapport avec le ministère de l’agriculture pour revoir l’ensemble des solutions, parce qu’il faut que nous parvenions à 1 million de tonnes de paddy à l’horizon 2012, et selon tout ce que nous avons vu, c’est possible.

Les exploitants je les ai écoutés, j’ai parlé avec eux… Ils sont en train de vibrer à cela, mais la première des choses, il faut qu’il mette de l’eau dans leur vin.
En tout cas, l’Etat prendra toutes les dispositions nécessaire pour leur apporter son soutien.

Je dis également que le secteur privé est en marche avec la mini rizerie, une unité montée par une société SOCAFON, avec des ouvriers et des techniciens maliens. Enfin voilà un schéma de l’industrialisation qui est possible avec la transformation de nos produits.

Je dis également que nous sommes en train de nous intéresser à la culture du tournesol pour alimenter nos unités industrielles. Ce système là que nous voulons, s’il s’instaure, c’est ça la marche vers l’agro-industrielle».

Propos recueillis par Sékou Tamboura

Envoyé spécial

10 Mars 2008.