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En 2003, le gouvernement du Mali, conscient de tout ce qui se passe comme dérapage dans les documents d’acte civil a décidé de faire de la modernisation de l’état civil un point axial du travail gouvernemental. Il a de ce fait mis en place, en 2003, par décret, une administration de mission dénommée Mission d’appui à la consolidation de l’état civil.
L’administration de mission avait en charge de proposer les éléments qui ont trait à la politique de l’état civil pour une durée de 5 ans. Elle s’est attelée, à travers un diagnostic institutionnel, de voir tout ce qui ne marche pas
.‘’ Ces propos ont été tenus, hier, à la Maison de la presse par M. Ma-madou Mallé Cissé, chef de la Mission d’appui à la consolidation de l’état civil, à l’occasion d’une conférence de presse.

Il a soutenu qu’en 2004, la mission a entrepris des évaluations participatives dans le sens où l’ensemble des intervenants sur le terrain, en l’occurrence, les représentants de l’Etat, les autorités communales, les ONG, les leaders d’opinion, les communicateurs, à travers une démarche de questionnement, ont conduit la Macec à faire le tour du territoire national. Il a indiqué que le document de diagnostic a été établi et validé à travers un atelier national en fin 2007. Ce qui a abouti, a-t-il dit, à l’élaboration d’un plan d’action. Il s’agit, a-t-il expliqué, de l’évaluation à partir de laquelle, on peut faire des projections d’activité et cela permet de résoudre les problèmes identifiés en amont.

Ce plan d’action est décliné sur 3 années, en 36 activités et 5 composantes liées au renforcement des capacités de la communication sociale. Il y a, aussi, a-t-il ajouté, la composante maillage du territoire national, consistant à se demander si toutes les conditions sont réunies pour qu’il y ait l’accessibilité à l’état civil.

‘’Il y avait en 2003, 1551 centres de déclaration, structure la plus rapprochée des populations, puis-qu’elle se trouve au niveau des villages. Nous avons 12000 villages. Avec 1551 centres de déclaration, convenez avec moi que le compte est loin d’être bon. ‘’ C’est un agent de déclaration nommé par le maire sur proposition des communautés villageoises, a indiqué le chef de la Macec, qui enregistre les déclarations.

D’ici mars prochain, la Macec a prévu d’atteindre 8000 centres de déclaration. Ce qui pourrait entraîner des dépenses à hauteur de 2 milliards Fcfa. ‘’ Il faut qu’au niveau de chacune de nos communautés villageoises, on ait un centre de déclaration, ‘’a signalé M.Mamadou Mallé Cissé. Il a souligné que de 2005 à maintenant, le taux d’enregistrement à la naissance a été multiplié par deux. Il a fait savoir que l’agent de déclaration, qui travaille bénévolement, se déplace vers les populations, collationne les naissances ou décès et une fois par mois, se rend à la mairie. Les actes sont gratuits, a laissé entendre le chef de la mission.

Dans plusieurs localités, a-t-il précisé, les populations ont compris l’importance des documents et font des actes volontaristes pour rétribuer l’agent de déclaration. M. Mallé a insisté sur le fait que les registres seront remis gratuitement aux populations.

L’état civil, a-t-il dit, est la mère de tous les droits puisque l’Etat est, en ce moment, obligé de vous prendre en charge. Il a fait observer que la deuxième branche tendant à la consolidation et à la modernisation de l’état civil est le Ravec (recensement administratif à vocation d’état civil). En 2002, a-t-il rappelé, la classe politique avait exigé la mise en place de cartes d’électeur sécurisées et incrustées.

Le Ravec est une opération dont le but principal est de recenser tous les citoyens y compris ceux qui n’ont pas de pièces d’état civil, en recueillant leurs données biométriques (photos et empreintes digitales) pour constituer un fichier central ouvert à diverses applications, avec attribution d’un identificateur unique. Toutes ces mesures, a confirmé M. Sow, directeur de l’intérieur, contribuent à assurer une meilleure accessibilité, une bonne communication avec les populations pour la sécurisation des documents.

‘’ N’importe qui, a-t-il dit, peut demain, se faire délivrer un jugement supplétif. ‘’ Il est néanmoins convaincu que les travaux issus de la Macec et du Ravec vont contribuer à enrayer la fraude. Quant à M. Mamadou Mallé Cissé, il a qualifié d’apatride l’individu qui ne détient aucune pièce d’état civil.

Baba Dembélé

04 Septembre 2008