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Dans la mode aujourd’hui, tout le monde ou presque n’a d’yeux que pour la culture africaine. Pourquoi un tel engouement autour des motifs colorés, fleuris ou du bogolan imprimé de motifs picturaux ? Un retour au bercail est désormais chose promise par la mode du monde entier mais surtout africaine qui compte bien en découdre avec celle importée d’ailleurs. Le but étant de s’affirmer sur l’échelle mondiale; s’accommoder avec les traditions; se nourrir de leur originalité pour transporter le monde vers une mode des traditions ancestrales.

Le Wax, le bogolan, l’indigo, les kentés, les batiks africains…etc sont entres autres des tissus longtemps mis au placard ou sortis uniquement lors d’évènement traditionnaux. Aujourd’hui, ils comptent prendre leur revanche sur les jeans, t-shirt ou robes à paillettes pour des jeunes cherchant désormais leur repère.

La mode s’impose aujourd’hui comme une arme défenseure de la culture africaine à travers le monde. On parle en effet aujourd’hui d’une crise d’identité majeure au niveau de la jeunesse africaine s’identifiant aux “normes internationales” qui leur ont été inculquées depuis l’enfance par des parents dans une déperdition identitaire. Qui donc blâmé ? Selon beaucoup de fervents défenseurs de la culture malienne et africaine en général, le gouvernement doit faire de son mieux pour amoindrir les coûts des matières premières.

De ce fait, eux couturiers ou transformateurs pourront offrir des produits plus accessibles à toutes les couches sociales. C’est une problématique très souvent mise au devant de la scène qui devient aujourd’hui de plus en plus alarmante pour des créateurs engagés pour la promotion de leur culture à travers le monde. L’urgence est bien là mais cela ne réfracte pas ces créatrices (ci-dessous) qui font aujourd’hui la fierté de la culture malienne. Car s’exportant de par le globe.

rakii.gifRaki Thiam, les « Leydii » sont à l’honneur

C’est une jeune styliste de 29 ans qui a su excellemment manier le tissus africains et surtout maliens en y ajoutant une touche de modernité. Passionnée de mode depuis le bas âge, Raki s’intéresse à la mode et devient plus tard la Promotrice de la maison de couture ‘’Leydii’’ qui signifie Terroir en peulh. Elle a su marier élégance et tradition de la culture africaine pour créer des tenues à motif pictural dont hommes et femmes pourrait trouver bonheur. Elle habille désormais des personnalités importantes de tous les domaines à Bamako, engagées avec elle dans la promotion de la culture malienne. Elle utilise le “désormais” célèbre Bogolan en le mariant à des t-shirts ou robes d’autres tissus ( dentelle, soie…) pour donner cet effet afro-chic à ses créations s’exportant hors des frontières maliennes. « La promotion de la touche du terroir » reste son leitmotiv.

kadi.gifKadidiatou Bagayoko, Kadi’Glamour a rendez-vous avec le wax

Du haut de son jeune âge, Kadi a su imprégner sa marque dans un environnement qui semble être désormais saturé. Ses créations sont un mariage exquis entre le Wax et la touche moderne. Elle confectionne des Robes, jupes et d’autres modèles taillés sur mesure à une clientèle friande des motifs fleuris et hyper-colorés du Wax. En s’inspirant des modèles de grand créateur, Kadi défend l’idée “ Qu’il est important de nos jours de pouvoir concilier modernité et tradition. Pour ne pas perdre nos repères, nous faisons en sorte petit à petit de marier nos tissus ancestraux au style moderne pour affirmer notre marque sur le scène mondiale de la mode”. Aussi engagée que motivée, la jeune dame ne recule devant rien pour exporter son savoir-faire made in Mali en Suisse, en France, aux États-Unis etc…Les créations de Kadi’Glamour sont destinées majoritairement aux femmes qui respirent la légèreté, la liberté, la tradi-modernité et surtout l’élégance à l’africaine. Sa collection est faite pour le plaisir des fashionistas.

maria.gifMaria Bocoum, “ : Quand l’élégance et le style deviennent Les péchés Mignons&#8221 de la femme;

C’est l’une des grandes figures de la mode Malienne. Sa maison de création “Les Péchés Mignons”, est très réputée dans le milieu et représente vaillamment le Mali lors des défilés de mode à travers le monde. Chouchoutée dans la mode par Chris Seydou, elle a su s’entourer de personnalités influentes comme sa petite sœur Inna Modja. Les créations de Maria Bocoum sont presque similaires aux deux précédentes. Elle va jusqu’à proposer des sacs, chaussures et d’autres articles imprimés wax et autres tissus à sa clientèle friande de la mode afro-chic. Son engagement l’a poussé à créer un groupement professionnel des opérateurs de la Mode pour promouvoir plus la culture malienne à l’international.

Les tissus africains sont à l’honneur chez nos créatrices maliennes ! Ils sont parmi une panoplie de créateurs maliens qui arrivent à se faire de la place dans le marché de la mode au Mali. Ce dernier qui est de plus en plus ascensionnel. Bien vrai qu’aujourd’hui parler de la mode africaine en général fait jubiler plus d’un. Alors qu’elle est bien présente et rivalise parfaitement avec les plus grands du domaine. Jusqu’à ce que certains grands couturiers occidentaux lui font les yeux doux et l’intègre désormais dans leurs collections. Les références à l’Afrique sont apparues dans des collections haute couture sur les podiums les plus prestigieux au monde. Mais comme des “mauvaises fois” n’en finissent pas de jaser, la mode africaine bien qu’ayant plus d’un tour dans son sac, suscite quand même quelques controverses.

Aissata Keita

Bamako, le 14 Novembre 2018

@AFRIBONE