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Aujourd’hui, les dozos du Mali parlent. Après un long silence qu’ils ont eux-mêmes qualifié de « coupable », les chasseurs traditionnels du Mali sont sortis de leur réserve en annonçant se « … mettre à la disposition du gouvernement de la République pour appuyer les forces armées dans leur combat contre les agresseurs de notre pays ».

jpg_une-649.jpg« Il est des moments dans la vie d’un peuple, d’un pays ou d’une nation où il serait criminel de se taire et surtout de ne pas agir ». C’est en ces termes que la confrérie nationale des chasseurs traditionnels, communément appelé les donzos, a introduit une déclaration au cours d’un meeting tenu le 13 avril, à la place dédiée à l’organisation, sise à Niarela. Pour eux, il est inadmissible de négocier l’intégrité territoriale et la laïcité du Mali.

Selon le porte-parole de la confrérie, Mohamed Coulibaly, tous les chasseurs traditionnels du Mali se mettent à la disposition du gouvernement pour appuyer les forces armées dans le combat contre la rébellion armée. Cette décision, faut-il le souligner, est la suite logique d’une première déclaration télévisée en date du 24 mars condamnant lesdites agressions. Le moins qu’on puisse dire est que ce message des chasseurs a été favorablement accueilli par les autorités militaires.

En fait, après le coup d’État du 22 mars 2012, une délégation de la junte militaire aurait discrètement rencontrée les responsables de cette confrérie pour leur faire part des difficultés qui ont prévalu à l’échec prématuré de l’armée nationale contre les rebelles touaregs. La conséquence de cet échec ayant été la partition de fait du territoire national. Selon les chasseurs, cette partition « blesse notre dignité et notre serment inscrit dans la charte du Mandé du 13ème siècle et qui nous fait jurer que jamais nous n’accepterons qu’un pouce de notre pays soit pris ou occupé ».

Au cours de ce meeting, une forte délégation de militaires était présente avec un message du capitaine Amadou Haya Sanogo et de l’ensemble du Comité national de redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE) : « Le succès ou l’échec du Mali dans ce combat est aussi de la responsabilité des chasseurs. Nous vous confions le pays… ». Pour le porte-parole du CNRDRE à ce meeting, le lieutenant Seydou Diakité, le pays ne peut rester longtemps divisé.

Par compassion pour la population pris dans le piège des assaillants, les chasseurs expliquent : « Nous souffrons dans notre âme et dans notre chaire le martyr qu’ils subissent et qui est autant le nôtre. Nous leur disons que nous n’aurons de paix ni de repos tant qu’ils n’auront pas recouvré leur droit sur le territoire commun qui jamais ne restera divisé. »

Seydou Coulibaly

AFRIBONE

14 avril 2012