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C’est désormais l’union sacrée entre le Front uni pour la sauvegarde de la Démocratie et de la République (FDR), l’Alliance des démocrates pour une sortie de crise (ADPS) et le Collectif des ressortissants du Nord (COREN) dans le but de soutenir l’armée nationale et appeler à l’intervention, à ses côtés, des forces internationales pour la libération du nord du pays occupé. Les responsables de ces différentes organisations appellent leurs militants et » tous les démocrates patriotes préoccupés par le sort du Mali » à une grande marche citoyenne ce jeudi à Bamako.

Les préparatifs de cette grande marche unitaire citoyenne vont bon train et ont fait l’objet d’un point de presse hier, lundi 8 octobre 2012. La rencontre s’est tenue au siège de l’URD à Badalabougou. Les vice-présidents et cadres du FDR, Ibrahima N’Diaye, N’Diaye Bah, Colonel Youssouf Traoré, Mmes Coulibaly Kadiatou Samaké, Fatoumata Siré Diakité, Mahamadou Hawa Gassama, le Secrétaire général du COREN, Abdoulaye Albadia Dicko ont été les principaux orateurs lors de cette rencontre.

Le 1er vice-président du FDR, Ibrahima N’Diaye, a rappelé brièvement le contexte de la création du FDR, après le coup d’Etat du 22 mars. Ce regroupement, a-t-il indiqué, ne s’est pas constitué pour nier les faiblesses des gestions politiques passées. Tous les régimes de 1960 à 1968, 1968 à 1991, de 1992 à mars 2012, ont été marqués par leurs parcours faits de bons et de moins bons points. Le FDR s’est constitué pour principalement sauver la marche démocratique du pays à travers le rétablissement du fonctionnement normal des institutions. Malgré les imperfections, le retour à l’ordre constitutionnel est le garant de la sécurité juridique de tous les citoyens afin de poursuivre la construction du pays.

Et Iba N’Diaye de rappeler que les trois objectifs prioritaires du FDR se résumaient au retour à l’ordre constitutionnel, la reconquête des régions nord tombées aux mains des terroristes et jihadistes et l’organisation d’élections transparentes et apaisées. Pour le premier objectif, le 1er vice-président du FDR a déclaré qu’il est souhaitable que le retour à l’ordre constitutionnel normal soit parachevé ; car, on assiste à des cas d’interférences dans le fonctionnement des institutions; des cas récents d’agressions, d’arrestations, de conflits de prérogatives, etc.

Concernant la reconquête du Nord, Iba N’Diaye à déploré que rien n’est fait concrètement, alors que chaque jour, on assiste à des exactions de tous genre de la part des occupants. « Nous ne sommes pas contre le dialogue ou la négociation. Mais nous pensons que l’action militaire doit intervenir pour faciliter même la voie du dialogue. Combien de tentatives de discussions ont été entamées sans résultats. Nous devons, avec humilité, solliciter l’appui des pays amis pour qu’ils appuient notre armée nationale, que nous soutenons tous, afin de reconquérir la totalité de notre territoire « , a-t-il expliqué. Pour M. N’Diaye, demander l’intervention de la CEDEAO ou de la communauté internationale pour nous aider, ce n’est pas demander de l’aumône ou de la charité. C’est un droit pour le peuple malien d’appeler ses amis à l’aider, comme les militaires maliens ont, eux aussi, prêté main forte à d’autres peuples dans des circonstances semblables.

Pour le volet préparation des élections, l’intervenant a indiqué que les questions du fichier électoral, du calendrier électoral et des organes chargés de contrôler la régularité des opérations de vote comme la CENI, la DGE, demeurent. Il a précisé en outre que des situations comme le soutien d’une organisation religieuse comme le Haut Conseil islamique à des acteurs politiques sont aussi des inquiétudes.

C’est pour toutes ces raisons que le FDR, l’ADPS et le COREN co-organisent cette grande marche citoyenne le jeudi 11 octobre prochain. Cette marche prendra son départ à la place de la Liberté pour passer par la place de l’OMVS, continuer sur le monument de l’Indépendance pour choir à la Colombe de la Paix. La manifestation, ont indiqué des intervenants comme Mmes Coulibaly Kadiatou Samaké, Fatoumata Siré Diakité, vise à démontrer que le Mali est en phase avec la communauté internationale, que la majorité des Maliens soutiennent leur armée et veulent qu’une force armée internationale vienne l’appuyer à mettre fin à la tragédie que vivent les populations du septentrion depuis plus six mois. « Il ne s’agit pas d’une contre-marche par rapport à la marche de nos amis de la COPAM contre l’intervention de la CEDEAO. Même s’ils n’avaient pas marché, nous nous avons prévu le faire. Notre marche va néanmoins prouver que ceux qui aiment ce pays et qui se battent pour qu’il soit libéré sont majoritaires. C’est pourquoi nous appelons les démocrates et les vrai patriotes à sortir massivement pour crier vers les amis du Mali à nous aider pour que finissent les amputations, les lapidations, les coups de fouet, les viols infligés à nos parents du Nord « , ont martelé Fatoumata Siré et Abdoulaye Albadia Dicko.

Pour ce dernier, ce qui se passe dans les régions de Kidal, Gao, Tombouctou et une partie de Mopti n’est pas «le problème du Nord» ; mais «le problème du Nord du Mali». C’est pourquoi tous les Maliens épris de paix et de justice, soucieux du bien-être des populations vivant dans cette partie du territoire national, doivent se départir de toute arrière-pensée partisane pour marcher et appeler le monde entier au secours.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 9 Octobre 2012