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La qualification des Aigles au Mondial 2010 est possible. Et pour sa chance historique de se qualifier à un Coupe du Monde, le Mali ne peut mieux tomber que dans cette Poule de 2010, car ladite Poule est abordable pour les Aigles. La balle est donc dans le camp des Aigles, du moins. Et si Djila et ses partenaires tiennet à jouer à une Coupe du Monde, l’occasion vient de leur être donnée. Voilà autant de commentaires qui ont suivi le tirage au sort du 3è tour des éliminatoires CAN-Mondial 2010.

Si tous les Maliens pensent que la qualification à la CAN est déjà acquise, la chance de se qualifier, pour la première fois, à une Coupe du Monde, depuis 1930, vient de s’offrir aux partenaires de Djila. Mais en sport, surtout en football, il faut beaucoup de prudence, car le sport-roi à ses aléas et son lot de surprises. Ce qui est pourtant certain, c’est que seul le travail peut faire atteindre l’objectif, c’est-à-dire la qualification à ces deux phases finales de football, surtout pour celle du Mondial 2010. Mais pour cela, il faudrait aller au delà de simples discours creux. Bref, pour cette cause nationale, il faudra s’y mettre sur tous les plans et associer tous les acteurs et composantes du football malien.

L’esprit critique et non l’esprit de critique

Rappelons que le Mali devra en découdre avec le Ghana, le Soudan et le Bénin. Bien des observateurs pensent que le Mali peut se qualifier à la phase finale du Mondial, surtout avec cette génération de joueurs. Si tel est le cas, il leur faudra nourrir un esprit critique, objectif et constructif, et non l’esprit de critique, subjectif et destructif.

Malheureusement au Mali, on assiste souvent à de beaux discours truffés d’hypocrisie, voire d’ironie. Et il n’est pas rare de voir des responsables, et autres acteurs du sprot-roi se transformer en “entraîneurs du dimanche“. Du coup, le sélectionneur national est accusé de tous les péchés d’Israël, tout en sachant pourtant que le choix humain est toujours contestable.

Ainsi, après avoir tout mis en oeuvre pour faire échouer les Aigles dans leur qualification au 3! tour des éliminatoires de la CAN-Mondial 2010, ceux qui ont juré, la main sur leur cœur, que le Mali se limitera au 2è tour, trouvent aujourd’hui Stephen Keshi “très limité et non réceptif”.

Or au cous de ses conférences de presse, Keshi a de tout tmps déclaré que les Aigles ont beaucoup de lacunes, et que ce n’est pas en quelques mois qu’on pourra les corriger, surtout que la plupart des Aigles évoluent à l’extérieur. D’ailleurs, Keshi ne dispose plus que de cinq jours pour livrer un match. On a l’impression que Keshi est au Mali depuis 3 à 5 ans.

Rappellons que Keshi est le 11è entraîneur des Aigles dont l’ossature est encore présente avec les Djila, Seydou, Police, Maha, et cela, depuis 1999. Et qu’il y a eu trois fédérations de football sucessivement dérigées par Amadou Diakité, Tidiane Niambéléet Salif Keïta. Et que cinq ministres de la Jeunesse et des Sports se sont succédés à la tête du département : Ousmane Issoufi Maïga, Djibril Tangara, Moussa Balla Coulibaly, Natié Pléah et Hamane Niang. Malgré tout, la même génération de joueurs est restée sans subir aucun changement notable, à part quelques surplus, avec l’arrivée de Frédéric Kanouté, Momo Sissoko, etc.

Il n’en reste pas moins que certains anciens responsables n’ont toujours pas digéré le fait d’avoir quitté les instances sportives du pays et veulent coûte que coûte y revenir. A les entendre, on a l’impression qu’ils sont les premiers Maliens à vouloir or au fond Dieu seul sait leurs vraies intentions.

Ainsi, malgré la qualification des Aigles, certains Maliens continuent de penser que Keshi et les joueurs restent médiocres. Mieux, Keshi est pris à partie son seul tort ayant été de défendre ses joueurs contre certaines attaques jugées “malveillantes” par l’entraîneur. Certes, l’équipe accuse quelques lacunes défensives : ce qui, comme tout le monde sait, ne date pas d’aujourd’hui.

En effet, on se rappelle qu’en 1965, lors des Jeux de Brazzaville, le Mali a été battu par nombre de corners. C’est parce que la défense avait concédé trop de coups de coins. En 1972, le Mali a encaissé trop de buts, du début jusqu’à la finale. D’ailleurs, lors de la première journée, le Mali a encaissé trois buts, pour trois marqués. Ce qui avait précipité la place titulaire du portier Guatigui au profit de feu Mamadou Keïta Capi.

En 1994, c’est par un score humiliant que les Aigles ont été éliminés en 1/2 finale par la Zambie (0-4). Le même scénario s’est répété en 2002, 2004 et 2008, avec des scores lourds de 3 à 4 buts qui ont brisé les rêves à chaque moment. En 1999, lors de la Coupe du Monde Junior au Nigéria, le Mali avait marqué 16 buts et encaissé 15. Mais cela n’a pas emêché Seydoublen de devenir le meilleur joueur du Mondial, et Mahamadou Dissa,de décrocher le Soulier d’Argent.


Des causes d’accusation des joueurs

Au Mali, tout le monde est unanime à dire que dans le domaine du sport, l’intérêt général n’a jamais été la première préoccupation des acteurs sportifs. Et que seul l’intérêt personnel compte pour bon nombre d’entre eux, surtout ceux qui ne sont plus aux commandes des affaires.

La preuve : tout le monde est d’accord que les joueurs maliens (du moins certains, surtout les tenors) sont incontournables au sein de leurs clubs respectifs. Mais au lieu d’être encouragés et soutenus dans les moments les plus difficiles, ces joueurs sont traités de “sans coeur”, “d’apatrides”… Heureusement que bien des auteurs de telles affabulations ont été gentiment éconduites.

L’on se rappelle encore de l’affaire du brassard de capitaine de Soumaïla Coulibaly. Au lieu de se sacrifier pour les Aigles (même s’ils gagnent des milliards en Europe), au Mali, on cherche plutôt à s’enrichir sur leur dos. Une fois qu’ils refusent de céder aux caprices de leurs “dérangeurs”, les joueurs sont alors traités de tous les maux.

Tous derrière les Aigles !

Si tout le monde reste animé de bonne volonté, comme aime dire chacun, rien ne pourrait empêcher les Aigles de planer haut au pays de Nelson Mandela (Afriqque du Sud), à plus forte raison celui d’Eduardo Dos Santos, c’est-à-dire en Angola. Mais pour cela, il leur faut tirer de bonnes leçons des matches précédents. Les responsables doivent éviter les problèmes d’organisation qui pourraient se poser.

Le mérite de Keshi, c’est d’avoir restauré la paix, la confiance et la sérénité entre les joueurs. En effet, depuis 2004, certains joueurs ne se parlaient plus du tout. Et pire, sous l’ère Jodar, en plus des joueurs, le torchon a toujours brûlé entre certains tenors et l’entraîneur Jodar. En tout cas, quoi qu’on dise, les joueurs actuels ne doivent pas rencontrer de sérieux problèmes pour faire face à ces éliminatoires, à condition que l’objectif du Mali soit cette CAN-Mondial 2010.

Espérons tout simplement que Keshi parviendra à imposer une discipline tactique au sein de son équipe, afin que les joueurs soient efficaces et complémentaires. Et qu’ils sachent que tous les Maliens sont derrière eux. L’on doit surtout éviter de faire des comparaisons entre les joueurs, comme certaines personnes aiment le faire, qui pensent tout connaître.

En effet, il n’est pas rare d’entendre souvent des comparaisons entre les joueurs qui n’évoluent pas dans le même registre. Ces comparaisons inappropriées peuvent contribuer à pourrir l’atmosphère entre les joueurs. Bref c’est dire simplement qu’on ne doit pas tuer une valeur au détriment d’une autre, car tous les joueurs se valent, l’équipe étant un tout uni et solidaire.

Même s’il y a des problèmes à l’interne des Aigles, cela ne vaut pas la peine de l’étaler sur la place publique. C’est comme si un chef de famille étalait ses problèmes familiaux. Moi, je règle cela entre nous”, a dit Keshi. Conscient des forces et faiblesses des Aigles, et surtout de leurs adversaires, Keshi peut qualifier le Mali à la CAN-Mondial 2010. Mais c’est avec l’ensemble de tous les Maliens.

Sadou BOCOUM

03 Novembre 2008