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Le Reflet : Depuis quand la Fédération nationale des villes propres du Mali a été mise en place ?

Mme Traoré Kadiatou Diakité : La fédération a été créée en septembre 2004. Actuellement, elle est présente dans les six communes du district de Bamako. Nous sommes en train d’implanter ses cellules dans les huit régions du Mali.

-Quels sont les objectifs de votre fédération ?

T.K.D : L’objectif principal de notre fédération est d’aider les associations et les GIE dont le travail est destiné à l’assainissement de nos villes. Vous savez que l’insalubrité est devenue un problème préoccupant dans nos grandes villes. Malgré les efforts des pouvoirs publics, le phénomène ne fait qu’empirer. Notre fédération va soutenir les actions des associations et des GIE ainsi que des mères de famille qui luttent contre l’insalubrité. Actuellement, elle compte en son sein plus d’une centaine d’ONG et GIE. Nous, les femmes, avons compris que les pouvoirs publics ont beau mettre de l’argent dans l’assainissement, mais tant que nos sœurs et mères n’y sont pas impliquées à la base, la lutte n’aura pas d’effets. Le travail de la fédération consiste à démarcher les femmes surtout à les sensibiliser pour qu’elles assainissent leurs familles, leurs quartiers. En un mot leur environnement.

-Concrètement, qu’est-ce que la fédération a mené comme actions depuis sa création ?

T.K.D : On a mené des actions de citoyenneté de grande envergure dans le district de Bamako. Malheureusement, elles n’ont pas été assez médiatisées. Sinon, nous avons organisé des journées d’assainissement dans les endroits publics comme les écoles, les mosquées et les marchés.

-La FENAVIM a-t-elle aujourd’hui les moyens de ses ambitions ?

T.K.D : Pour l’instant, nous n’avons pas de financement ni de la part de l’Etat ni de la part des bailleurs de fonds. On est parti du principe selon lequel la femme n’a pas besoin d’être payée pour qu’elle nettoie sa propre maison ou devant sa porte. Il suffit de lui donner le matériel nécessaire. Au cours de nos journées d’assainissement, les femmes sortent avec leurs balais et font le travail. Souvent, il arrive que des maires nous donnent un coup de main en mettant à notre disposition des véhicules de ramassage d’ordures.

-Qu’est ce que vous rencontrez comme difficultés sur le terrain ?

T.K.D : C’est le ramassage des ordures. Souvent, les femmes se trouvent face à des tas d’immondices élevés comme une montagne alors qu’elles n’ont pas les moyens nécessaires pour les faire disparaître. Nous avons besoin de l’aide des camions de la voirie du district.

-Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des autorités et des populations ?

T.K.D : A partir du moment où l’insalubrité est devenue un problème de santé publique, l’assainissement de nos villes doit être une affaire aussi bien des autorités et des populations. Nous sommes conscients des maladies infectieuses causées par l’insalubrité. Si nos villes sont propres, il y a moins de problème de santé. Il y a quelques années, Bamako n’était pas une ville coquette, mais elle n’était pas aussi insalubre qu’elle l’est maintenant. Ça veut dire que malgré la modernisation de notre capitale, beaucoup reste à faire dans le domaine de l’assainissement. Et les femmes, si on les sensibilise et les soutient comme il se doit, peuvent contribuer à changer cette donne.

Propos recueillis
Par Madiba Kéita

19 mai 2005