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L’association Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA) a célébré, le dimanche 18 novembre dernier, son 22ème anniversaire à la Pyramide du souvenir. Pour marquer cet évènement, elle a organisé une conférence sur le thème «Le rôle des acteurs politiques dans la gestion de la cirse actuelle». La confériencière était la présidente de l’ADEMA Association, Mme Sy Kadiatou Sow.

Dans son exposé, un très dur réquisitoire, elle a dépeint la crise actuelle, depuis son déclenchement, le 22 mars dernier, et les soubresauts qui l’ont marqué tout du long. Elle a indiqué que l’année 2012 au Mali avait concentré en elle-même et en elle seule autant de contradictions et de tragédies qu’un siècle de féodalité sous d’autres cieux.

Mme Sy a aussi dénoncé les interférences continuelles de l’ex junte militaire, malgré le retour à l’ordre constitutionnel. Elle s’est notamment interrogée: «malgré les engagements pris, le Capitaine Sanogo et son groupe continuent d’interférer bruyamment dans la gestion des affaires publiques. Pourquoi des questions qui relèvent de la compétence des ministres en charge de la Sécurité et de la Défense sont-elles traitées à Kati? Le rôle du Capitaine dans la récente (et toujours pendante) affaire des promotions au sein de la Police nationale a été abondamment commenté».

Avant de dire que l’Etat ne devrait pas avoir trois têtes, comme on le voit actuellement. Pour Mme Sy, à l’ADEMA Association, on estime qu’il est vital que «chacune des institutions reste dans son rôle et assume ses responsabilités, dans le respect du principe sacré de la séparation des pouvoirs». La Dame de fer, comme l’appellent ses compagnons, a également décrié le mode de gestion des affaires par le Président de la République par intérim. Toute chose, selon elle, qui est en train de susciter des interrogations, des inquiétudes et des déceptions dans la conduite de la transition. La Présidente a aussi critiqué le comportement du Premier ministre, qui joue, selon elle, le rôle de pyromane à travers les actes qu’il pose et les propos qu’il tient.

En ce qui concerne l’actualité brûlante, à savoir l’organisation des concertations nationales, l’ADEMA association les voit comme un gros caillou dans la chaussure. «Nous restons très réservés sur les résultats attendus de ces assises par le Président de la République, et notre crainte est qu’elles contribuent plus à diviser les forces vives, au lieu de les mobiliser autour des défis majeurs. Nous comprenons et soutenons la position du FDR et de l’ADPS sur le caractère partisan et discriminatoire des Termes de référence des concertations nationales», a-t-elle déclaré.

Donc l’ADEMA Association ne participera aux concertations prévues les 26, 27 et 28 novembre prochains. Selon ses responsables, ces assises ne tiennent aucun compte de la représentativité des forces vives de notre pays. «Au regard des dispositions en cours pour l’organisation des assises nationales, annoncées par le Président de la République, et des mesures individuelles, qui constituent le menu principal des conseils de ministres et qui, pour la plupart, s’apparentent à une véritable purge au profit des partisans du Premier ministre et des auteurs du putsch du 22 mars dernier, nous sommes encore bien loin de cette communion des cœurs et des esprits autour des deux missions de la transition», a-t-elle martelé.

Auparavant, elle avait indiqué que la priorité demeurait la reconquête des territoires occupés. Parce que, selon Mme Sy Kadiatou Sow, tous les citoyens maliens doivent participer au choix de leur Président et de leurs députés. Mais la libération des territoires ne doit pas empêcher la préparation du processus électoral. «Le risque d’une transition qui n’en finit pas est l’enlisement et la voie ouverte à des aventuriers politiques partisans d’un régime d’exception».

Avant elle, dans son mot de bienvenue, le premier Vice-président de l’ADEMA Association, le Pr Ali Nouhoum Diallo, avait fait l’historique de sa création. En rappelant, au passage, les grands hommes qui l’ont marquée. Il a cité, entre autres, l’ancien ministre Mamadou Lamine Traoré, Abdrahamane Baba Touré, ancien Président de l’Association et Mamadou Sissoko.

Le Pr Ali Nouhoum Diallo a aussi dénoncé les dérives de notre processus démocratique et surtout rappelé cette phrase du premier Président de la République du Mali démocratique: «si un militaire me succède, ce sera un échec de la démocratie et un échec personnel». Malheureusement, le 8 juin 2002, c’est un Général qui a succédé à Alpha Oumar Konaré, avec la bénédiction des partis politiques.
Youssouf Diallo

22 Septembre du 22 Novembre 2012