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La première femme candidate à une élection présidentielle au Mali, Mme Sidibé Aminata Diallo, professeur chargé de cours de l’intégration à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG) a animé, le samedi 11 août 2007, une conférence-débat au centre islamique sur le thème « les effets de la démocratie en Afrique ». Devant les élèves et anciens élèves du Centre islamique, Mme Sidibé s’est appesantie sur les voies par lesquelles la démocratie est apparue en Occident et en Afrique. Avant d’évoquer ses effets sur le continent noir et porter une analyse critique sur le système malien caractérisé, depuis 2002, par le consensus.

Cette conférence-débat entrait dans le cadre des activités du 4ème anniversaire de la Ligue des anciens élèves du Centre islamique de Hamdallaye (LAECCIH) créée le 23 avril 2003 et présidée par Mamadou Fané. En plus de celui-ci, on notait la présence à cette conférence du directeur et de l’imam de la mosquée du Centre.

Modèle de gestion dans lequel le peuple exerce le pouvoir, la démocratie est une réalité dans beaucoup de pays. Mais le contexte de son avènement en Afrique est différent de celui de l’Occident. Dans ses propos liminaires, la conférencière a ainsi expliqué que la démocratie, mot chargé de sens, est apparue en Occident consécutivement au progrès industriel, au développement socio-économique.

Quant à l’Afrique, elle a connu sa démocratisation après la chute du mur de Berlin. En effet, ayant obtenu son indépendance dans un contexte d’affrontement entre les blocs capitaliste et socialiste, l’Afrique n’a aspiré à la démocratie qu’après l’effondrement du bloc de l’est. La conférencière d’indiquer que « la démocratie n’est pas arrivée en Afrique par le fait du hasard, mais d’une évolution globale et dans un contexte de domination occidentale « .

Cette démocratie, chèrement acquise dans certains pays comme le Mali, a souvent rimé avec le progrès économique. La conférencière de préciser toutefois  » qu’une démocratie n’est jamais parfaite. Elle est toujours à améliorer. Les pays occidentaux ont mis 200 années pour arriver au niveau que l’on connaît aujourd’hui « . Pour elle, il n’y a aucun doute qu’il y a un lien entre démocratie et la famine en Afrique.

Car c’est dans un système démocratique que les gouvernants peuvent se consacrer aux actions de développement socio-économique. Toute chose qui n’est pas possible dans un contexte de conflit ou de dictature. Pour le cas du Mali, dit-elle, la démocratie a permis un certain progrès dans beaucoup de domaines comme l’éducation, la santé…

Quant au consensus prôné par le président ATT depuis 2002, Mme Sidibé n’a pas manqué d’y jeter un regard critique. « La démocratie ne peut pas être consensuelle. Dans un pays, il n’est pas intéressant de n’avoir à faire qu’à une pensée unique. Elle bloque le progrès. Dans une démocratie il faut la critique, mais des critiques constructives » dit-elle. Par ailleurs, elle n’a pas oublié d’ajouter que le consensus a eu des effets positifs dans la mesure où il est intervenu dans un contexte de crise politique et a permis d’instaurer un climat apaisé. Mais ce contexte est révolu depuis belle lurette.

L’Imam de la mosquée du Centre islamique de renchérir que la participation du peuple à la prise de décision est une des exigences prévues dans le saint Coran. Il reste convaincu qu’il ne peut pas y avoir de développement sans démocratie.

Le président de la Ligue a tenu à préciser que cette association est apolitique et non confessionnelle. Son objectif est la poursuite de la formation, la recherche de stages et d’emplois pour les anciens du Centre islamique. Pour cet anniversaire, en dehors de la conférence-débat, elle a organisé des cours de vacances gratuites, une formation en création d’entreprise et des activités sportives.

Youssouf CAMARA

14 août 2007.