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S’il y a un secteur dans lequel les femmes maliennes s’affirment sans qu’on fasse recours à la politique du genre c’est bien le commerce et l’entreprenariat. La présidente des femmes entrepreneurs du Mali, Mme Sanogo Djénebou dite Hadja Mouye est une illustration parfaite de la trempe de femmes qui ont vite compris qu’au-delà des discours politiques sur le genre, toutes les conditions sont réunies, au Mali pour l’épanouissement féminin.

Elles sont nombreuses aujourd’hui les maliennes qui évoluent dans le commerce import-export, des femmes promotrices d’entreprise. Profitant jeudi dernier des antennes de l’ORTM dont elle était l’invitée de l’émission « Itinéraire », Hadja Mouye affectueusement appelée Tanty Mouye a invité ses sœurs à se surpasser et à valoriser leurs activités par des partenariats qui, pourraient, selon elle, leur ouvrir des opportunités de prêt et de financement. « Les structures comme l’ANPE et l’APEJ ont été créées pour nous, donc c’est à nous d’aller vers elles pour leur soumettre nos projets », a-t-elle plaidé.

Tous ceux qui ont suivi l’émission auront admiré l’aisance et la maîtrise avec laquelle la présidente nationale de l’Association des femmes commerçantes et entrepreneurs du Mali abordait les difficultés et les opportunités de l’entreprenariat au Mali. C’est une longue expérience qu’Hadja Mouye à dernière elle.

C’est depuis l’école que Hadja Mouye apprend les rudiments du commerce grâce à sa Maman commerçante. En 1970, elle ouvre son premier magasin d’alimentation qu’elle transformera par la suite en supermarché. En 1971 elle devient la première femme import-Export du Mali, une performance qui l’amène à intégrer la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM).

A l’époque, Tanty Mouye confie qu’elle s’était investie dans l’exportation des produits comme la gomme arabique et le beurre de karité pour ensuite entrer progressivement dans la vente du ciment, des matériaux de construction. Mais c’est surtout en 1990 que la première femme import-export du Mali confirme sa progression d’entrepreneur en créant la Société générale de commerce et d’industrie du Mali (SGCIM).

Mariée et mère heureuse, c’est avec conviction qu’elle s’emploie à lutter au quotidien pour le rayonnement de l’entreprenariat féminin au Mali.

Hadja Mouye demande à l’Etat de créer un fonds de garantie pour la promotion de l’entreprenariat féminin. Elle entend, dans l’avenir évoluer vers la création des Mutuelles de santé pour les Femmes du marché de Bamako et au niveau national.

Amadou Waïgalo

07 Mars 2008.