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C’est au nom du président de la République empêché que la ministre Mme Ba Hawa Keïta a inauguré le complexe sanitaire « Femmes et Enfants » de Koutiala. Elle était accompagnée notamment de Fatoumata Keïta, directrice nationale de la formation professionnelle, de Cheick Fantamady Traoré, son chef de cabinet.

A l’accueil, on notait la présence du directeur national de la Santé, du gouverneur de Sikasso, Bokary Samassékou, du gouverneur intérimaire de Bamako, Ibrahim Féfé Koné, du préfet du cercle de Koutiala et plusieurs autres personnalités dont des députés.

La cérémonie a débuté par l’allocution de bienvenue du maire, Oumar Ba Dembelé, qui a fait l’historique de la commune de Koutiala. De son statut de commune de moyen exercice depuis 1958, la « capitale de l’or blanc » peuplée de plus de 103 000 habitants est devenue une commune de plein exercice le 12 mars 1966.

Le maire a remercié le président de la République pour le complexe sanitaire, « ce joyau architectural qui servira à améliorer la santé des couches les plus fragiles« , en l’occurrence les femmes et les enfants.

Le directeur du Centre protestant pour l’assistance médicale au Mali (CPAM), Daniel Théra, a remercié toute l’assistance et rendu « grâce à Dieu pour tout ce qu’il a accompli afin que ce jour soit« . M. Théra a ensuite fait l’historique du complexe sanitaire qui s’inscrit dans celle du CPAM, une ONG portée en juin 2002.

Sur les fonts baptismaux

« Le choix de la ville de Koutiala, selon Daniel Théra, s’explique par le fait que c’est une ville carrefour où le taux de mortalité maternelle et infantile, ainsi que le nombre des enfants malnutris est élevé malgré sa bonne situation économique qui le hisse au rang de capitale de l’or blanc »

L’hôpital qu’il a présenté sous tous ses angles, a pour objectifs entre autres, d’accroître le plateau technique de santé du cercle de Koutiala avec la création d’une structure sanitaire hautement spécialisée dans la prise en charge des maladies des enfants et des femmes, faire de cette structure une référence sous-régionale entre Bobo Dioulasso au Burkina Faso et Bamako au Mali avec un rayon d’action de 200 à 400 km, créer un centre de formation d’agents sanitaires et de spécialisation en gynéco obstétrique et pédiatrie.

Construit sur un domaine de 3 hectares 70 ares, le complexe, comprendra un pavillon des femmes et un pavillon des enfants déjà construits, en plus d’un autre bâtiment non encore réalisé. C’est en raison du fait que, pour le moment, ce 3e bloc n’a pas encore été construit que le coût de la première phase des travaux est de 720 millions 8 022 F CFA dépensés en travaux de génie civil, raccordement eau et électricité, logistique, équipement, communication par satellite et rack, formation et assistance technique. Pour la fin de la construction du Centre, le coût de réalisation global est estimé à plus de 1 milliard 407 millions de F CFA.

La stratégie de mise en fonctionnement repose sur une ouverture non simultanée, mais alternative des différents pavillons, en commençant d’abord par celui des femmes, ensuite par celui des enfants. Commencera ensuite la deuxième phase avec la construction du bâtiment principal – dont la pose de la première pierre a été faite par la ministre Hawa Keïta.

La réalisation de cette œuvre a été possible grâce à la contribution de donateurs tels que Norhwest Medical Teams, la Fondation Okchard, les autorités locales, régionales, nationales et d’autres volontaires qui « retrouveront, selon Daniel Théra, leur rétribution en Dieu« .

Les difficultés auxquelles le Complexe est aujourd’hui confronté sont : sa connexion à l’Energie du Mali dont le coût est estimé à 40 millions de F CFA, l’aménagement de la voie d’accès, sa dotation en ambulances et en véhicules de supervision des centres de santé relevant de son ressort, le prolongement de l’éclairage public le long de la voie d’accès.

S’adressant à ses collaborateurs, Daniel Théra leur a rappelé: « Nous avons gagné un combat, mais nous sommes loin d’avoir gagné toute la bataille car le plus dur reste à faire. C’est un autre challenge. Toutefois, rappelons-nous ceci : ce complexe a été construit par le Seigneur et vivra par le Seigneur. A lui seul soit toute la gloire. »

Après cette longue mais précieuse présentation faite par le directeur du CPAM, plusieurs autres personnalités sont intervenus. Il s’agit du pasteur Moïse Guindo, président de l’Eglise chrétienne évangélique du Mali qui a fait livré un message sur l’amour de Dieu, du président de l’Alliance missionnaire (Etats-Unis) et du président de la Fondation Okchard (Etats-Unis). Tous ont loué la gloire du Tout-Puissant.

Une oeuvre humanitaire qui flatte le Gouvernement

Quant à la ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, elle a d’abord transmis aux populations de Koutiala « les vives et chaleureuses salutations » du président de la République et « ses sincères remerciements pour le travail remarquable qui se fait dans le cadre du développement » de leur commune.

Avant de déclarer : « La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui est à la fois précieuse et capitale car il s’agit de préserver la santé. Or… la santé, c’est la vie et sans la santé il n’y a guère d’épanouissement, encore moins de développement. » C’est pourquoi, elle a remercié, au nom du Chef de l’Etat et du Premier ministre, le CPAM qui a réalisé cet hôpital, « une œuvre humanitaire qui flatte le gouvernement malien, qui va droit au cœur des populations de Koutiala et qui honore le Mali tout entier« .

Pour elle, au-delà de l’amélioration du niveau de prise en charge de la santé de la femme et de l’enfant, ce complexe « est un symbole: donner la vie et sauver des vies. Il ne peut exister meilleure opportunité que celle-là qui offre en plus des emplois sécurisés et pérennes. »

Suite au discours de Hawa Keïta, une prière pour les autorités du pays et une prière de dédicace ont été faites par le professeur Daniel Coulibaly, délégué général de l’Association des groupements d’églises et missions protestantes au Mali. Ont suivi une animation des femmes, une chorégraphie d’un groupe de jeunes dénommé « Les fabricants de joie« .

Après ces inoubliables prestations fort appréciées par les invités des autres pays et par toute la population, Mme Ba a procédé d’abord à la visite des locaux, ensuite à la coupure du ruban symbolique et à la pose de la première pierre de la deuxième phase de la construction du complexe de santé.

L’on retiendra sans doute surtout l’accueil très chaleureux réservé à la délégation par les griottes avec leurs youyous entre les différents discours et par toute la population koutialaise venue en grand nombre – pas moins de 1200 personnes.

Tous, tant les jeunes que les femmes, ont, à plusieurs reprises, « fabriqué » de la joie. Car l’ambiance était festive. Il faut seulement espérer que ce complexe ultramoderne sera fonctionnel dans les plus brefs délais. Pour le bien-être des populations de la sous région.

Un joyau architectural ultramoderne pour donner la vie et sauver des vies

Le complexe sanitaire « Femmes et Enfants » est structuré – pour le moment, en attendant la construction du bâtiment principal – en deux pavillons : celui des femmes et celui des enfants. Le pavillon des femmes bâti sur 700 m2 est constitué d’une salle pour chacune des activités suivantes : accouchement, stérilisation, opération post-partum chirurgicale, observation des femmes en travail, échographie, autoclave.

Il y existe aussi une salle d’effets stérilisés, une salle d’hospitalisation de quatre lits, une salle d’hospitalisation de dix lits, deux salles de consultation, un bloc opératoire, un bureau des sages-femmes et un magasin. Le pavillon des enfants a une surface bâtie de 1600 m2. Il comprend une salle pour chacune des activités de chirurgie, de soins intensifs, d’observation, de pansement, d’injection et de réception.

On y note aussi seize salles d’hospitalisation de quarante lits, deux salles de consultation, deux salles de laboratoire, un bureau du pédiatre, une pharmacie et un magasin. S’ajoutent à cela la construction de cuisines extérieures, de la clôture, des toilettes, d’un forage et l’acquisition de trois groupes électrogènes.

Reste la réalisation du pavillon principal qui comprendra des salles dont treize d’hospitalisation d’une capacité de 42 lits, cinq de consultation, cinq de travail, deux d’accouchement, une d’échographie.

Deux blocs opératoires, un laboratoire, une radiologie et une pharmacie complèteront ce pavillon non encore construit. A noter qu’une bonne partie du matériel meuble, très moderne, est déjà installée, en attendant le matériel purement technique.

Zoubeirou MAIGA
Envoyé spécial à Koutiala

07 février 2006.