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Les Maliennes, à l’instar de leurs sœurs d’Afrique, célèbrent ce jeudi la Journée panafricaine des femmes. Dans l’entretien ci-dessous, la secrétaire régionale de l’Organisation panafricaine des femmes (OPF) Mme Alwata Ichata Sahi évoque le choix du thème « impact de la mondialisation sur la pauvreté » et dresse un bilan des journées panafricaines au Mali.


Les Echos : Quelles sont les motivations qui expliquent le choix du thème de cette année ?

Alwata Ichata Sahi : Le choix du thème de cette année, notamment les impacts de la mondialisation sur la pauvreté en Afrique, a été proposé par l’OPF à tous ses pays membres. Il est motivé par le constat de la pauvreté grandissante et surtout de la féminisation de la pauvreté dans les pays africains qui font face aux multiples conséquences de la mondialisation.

Parmi les personnes les plus vulnérables une grande partie est constituée des femmes. L’OPF a demandé à ses membres de réfléchir, de se mobiliser pour sensibiliser, interpeller les uns et les autres sur leurs responsabilités.

En ce qui concerne le Mali, le secrétariat régional, en collaboration avec le ministère de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a décidé de mettre l’accent sur les défis et responsabilités de la femme malienne face à la cherté de la vie parce que la cherté de la vie est l’une des conséquences de la mondialisation. Et en continuant la chaîne, on voit que par rapport à la cherté de la vie, la femme est un pilier et gestionnaire de la famille.


Les Echos : Pensez-vous que les pouvoirs publics déploient des efforts pour endiguer la pauvreté qui touche en premier, vous le disiez tantôt, les femmes ?


A. I. S. :
Les autorités fournissent des efforts, mais aujourd’hui cette situation de cherté de vie va au-delà des autorités de nos pays africains. La cherté de la vie est mondiale, c’est pour cela que nous parlons des impacts de la mondialisation. Nos autorités sont autant responsables que victimes de la pauvreté. Elles sont victimes du sous-développement de leur pays et de pays colonisé.

Les autorités fournissent des efforts qui sont insuffisants lorsque l’on voit les conditions dans lesquelles vivent nos populations actuellement. C’est pour cela que l’OPF a mis l’accent sur l’impact de la mondialisation. Et en ce qui concerne le Mali quels sont les défis à relever et le rôle que peut jouer la femme malienne face à cette cherté de la vie.

Les Echos : Quelles sont les actions menées par l’OPF en direction des femmes pour leur meilleur épanouissement ?


A. I. S. :
Nos actions sont surtout des actions de sensibilisation et d’information. Pour ce qui est du thème de cette année, il s’agit d’attirer l’attention de tous les acteurs étatiques aussi bien que de la société civile en particulier les femmes afin de leur donner des espaces pour savoir pourquoi aujourd’hui cette cherté de la vie.

Nous avons fait appel à des experts en la matière pour animer des conférences-débats afin que dans ces échanges, les femmes puissent identifier des stratégies à adopter face à la cherté de la vie.

La femme peut réduire le coût de l’alimentation et c’est pourquoi au cours de cette journée, nous avons programmé le savoir-faire de la femme malienne à travers une exposition de mets traditionnels qui sont à moindre coût et qui peuvent aider à faire face à cette cherté de la vie et l’exposition de nos produits agroalimentaires avec les techniques de transformation.


Les Echos : La pauvreté des femmes paraît surtout liée au manque d’accès à l’éducation, aux moyens de production, aux soins de santé… Etes-vous de cet avis ?


A. I. S. :
Tous ceux-là sont l’un des facteurs de la pauvreté des femmes, mais l’éducation est la clé du développement. Nous sommes en train de nous battre pour qu’il y ait plus de filles à l’école et plus de femmes alphabétisées. Je suis sûre que des femmes alphabétisées pourront mieux comprendre la vie de la nation et mieux apporter leur pierre à l’édification de la nation.

Les Echos : Beaucoup de journées ont été célébrées. Quel bilan tirez-vous de tout ça finalement ?

A. I. S. : En matière de communication, de sensibilisation, de changement de comportement, le résultat est lent, mais peut être visible. Par exemple une année nous avons mis l’accent sur la sécurité alimentaire à travers les banques de céréales. Aujourd’hui, les banques de céréales sont multipliées et gérées par les femmes. En matière de santé, nous avons aujourd’hui la gratuité de la césarienne. De même nous avons de plus en plus de filles la scolarisées c’est minime mais c’est satisfaisant.

Propos recueillis par

Denis Koné

31 Juillet 2008