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Vu la sensibilité du foncier au Mali, qui inclut à la fois les aspects culturel et foncier et son « impact » sur notre économie, le président de la République avait demandé en 2004 la tenue des Etats généraux. Le ministère du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme s’est engagé dans ce processus, dont l’aboutissement devra permettre de dégager des repères « clairs, précis et pertinents » acceptés par tous et compatibles avec l’évolution socio-économique du pays.

Les litiges fonciers avec le tohu-bohu, les contestations judiciaires et l’insécurité qu’ils occasionnent ne se comptent plus dans notre pays. Faut-il aussi noter que les spéculations foncières gagnent du terrain au grand dam des citoyens. Il était donc urgent que l’Etat prenne le taureau par les cornes en convoquant les Etats généraux. Et l’une des grandes attentes de ce forum est le renforcement du code domanial et foncier (CDF), à travers la prise en compte de tous les aspects concourant à une « gestion pacifique et durable » du foncier.

Pour l’heure, les préparatifs de ces assises vont bon train, car les textes d’organisation ont été élaborés et des missions d’information et de sensibilisation ont été menées à travers le pays. La moitié du budget de l’organisation, 200 millions de F CFA 400 millions de F CFA au total, a déjà été mobilisée.

Après avoir déploré les « nombreuses incompréhensions, sources de conflits qui affectent négativement la vie communautaire » à cause du foncier et des insuffisances des réformes effectuées en la matière, le ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme a affirmé que « ce forum doit nous permettre de répondre aux nombreuses attentes de plus de 80 % de nos populations qui tirent leurs revenus de l’exploitation de la terre. Il doit en outre offrir un cadre d’investissement sécurisé et ouvert à l’économie de marché ».

Les PTF ont manifesté un grand intérêt pour le projet et se sont dits disposés à accompagner le département dans l’atteinte de l’objectif visé, qui comblera bien de carences. Certains comme la représentante de l’USAID au Mali, ont souligné, entre autres, les difficultés d’accès des femmes à la terre, mais Mme Gakou Salimata Fofana leur a assuré que toutes les préoccupations seront prises en compte en vue du déclic attendu.

Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)

08 mai 2008