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Le dimanche 19 août dernier aux environs de 7h30, les éléments du Commissariat de police du 3ème arrondissement ont fait une descente musclée dans la famille Ouattara à Missira, Rue 14, Porte 1603, où ils ont procédé à l’arrestation de Fousseynou Ouattara et de Boye Diarra. Conduits au Commissariat de police, le premier est mort au moment de son évacuation à l’hôpital. De quoi est mort le jeune homme, âgé de 26 ans ?

Selon Salif Ouattara, oncle du défunt, son neveu dormait quand aux environs de 07h20, les éléments du 3ème arrondissement, avec ceux de la brigade anti criminelle, ont fait irruption dans leur cours. Ils sont arrivés dans 3 véhicules pickup et ils étaient approximativement au nombre de dix policiers.

C’est ainsi qu’ils ont procédé à l’arrestation de deux de leurs enfants les nommés Fousseynou Ouattara et Boye Diarra, réveillés dans leur sommeil, torse nue, frappés jusqu’à sang, à coup de matraque et de pied. Une scène, selon lui, digne d’un véritable film « coboye ». Ils sont par la suite jetés dans un des véhicules pickups qui attendait à la porte. « Le sang coulait sur son flanc. Quand j’ai voulu savoir ce qui se passait, j’ai essuyé des injures de père et de mère de la part des policiers », a déclaré Salif Ouattara. Après leur départ, vers 8h30, Siaka Ouattara, un autre oncle de Fousseynou, s’est rendu au commissariat pour avoir les nouvelles de son neveu.

Et à cette heure là, la patrouille de police n’était pas encore arrivée à destination au commissariat de police. « A leur arrivée aussi, les policiers nous ont empêchés de les approcher. Ils ont été enregistrés et conduit au violon. Un de nos voisin, Dolo et son fils, ont eux aussi été interpellés. C’est lui qui nous a dit qu’ils ont encore été amenés dans l’arrière cours du Commissariat pour être à nouveau battu. A midi quand nous leur avons apporté la nourriture, ils n’étaient pas dans la grille. Sur insistance de son oncle, on nous a fait savoir qu’il a été conduit aux urgences du CHU Gabriel Touré. A notre arrivée le médecin nous a fait savoir qu’il était bien mort avant son admission à l’hôpital. », a précisé Siaka Ouattara.

Approché par nos soins, le Commissaire de police en charge du 3ème arrondissement Mossoudou Arbi rejette toute responsabilité. Pour lui, Fousseynou Ouattara n’a pas été battu. « Je ne suis pas au courant qu’il soit battu. Sous dénonciation, il a été interpellé. Arrivé ici il a été enregistré et gardé à vue comme on a l’habitude de le faire. Un moment il a dit avoir des malaises et on l’a conduit à l’hôpital où il est mort chemin faisant. Je sais seulement que c’est un bandit de grand chemin qui a été frappé pas plus que la semaine passé aux champs hippiques. J’ai demandé au médecin de faire son rapport pour connaitre la cause exacte du décès. », nous a-t-il confié.

Suite au décès de Boubacar Camara, sergent-chef de police à la routière, précédemment en service à la brigade de recherche du 3ème arrondissement et qui avait été froidement abattu par les bandits armés le 7 août dernier à Quinzambougou lors de l’attaque d’une boutique ; le Commissariat du 3ème arrondissement a décidé d’organiser des descentes pour traquer des bandits jusque dans leur dernier retranchement.

Binta Gadiaga

Le Républicain du 21 Août 2012