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Depuis près de deux mois, les ex-occupants des maisons démolies, situées dans l’emprise du 3e pont de Missabougou étaient dans l’attente de leur dédommagement. L’Etat vient de délier les cordons de la bourse en les remettant dans leurs droits.

Depuis le 31 mars 2009, date de démolition des concessions situées dans l’emprise et les voies adjacentes du 3e pont de Missabougou, 76 familles dormaient dans la rue. Aucune des maisons n’avait pu être reconstruite, puisqu’il n’y avait pas eu de dédommagement préalable. Le site des 95 hectares de Yirimadio devant les accueillir, est resté vierge faute de moyens pour les bénéficiaires.

Selon notre confrère, « Le Guido », dans sa parution n°109 du 12 au 18 mai 2009, un premier lot de 17 propriétaires et ayant droit ont empoché leurs frais d’indemnisation le vendredi 8 mai 2009. Citant le président du Collectif des déguerpis de Missabougou, Abdoul Karim Sangaré, inspecteur du trésor, le journal révèle que « la situation a pu être débloquée grâce à l’implication du président de la République, ATT ».

La commission ad hoc composée des ministères du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, de l’Equipement et des Transports, des Finances, a reçu le dossier de 53 familles sur 76 qui sont concernées.

Le samedi 18 avril, le Collectif des déguerpis déplorait au cours d’un point de presse la situation de ses membres. Faute de moyens, certains d’entre eux dormaient à la belle étoile, sous des hangars construits avec des tôles ou matériaux de récupération.

Le Collectif, désabusé, avait profité de l’occasion pour taper du poing sur la table : en accusant l’Etat d’être responsable du calvaire de ses adhérents pour avoir cassé sans dédommagement préalable. Le Collectif s’était dit déterminé à utiliser tous les moyens et voies de recours et même de battre le pavé pour ne pas passer l’hivernage dehors.

« L’homme providentiel » ATT ayant joué sa partition, les déguerpis de Missabougou sont désormais aux anges. De sources proches des déguerpis, certains ont reçu un véritable pactole s’élevant entre 30 à 60 millions de F CFA pour une enveloppe globale de 1,9 milliard de F CFA. Il reste à ATT de veiller aussi sur la moralité de l’opération qui doit se passer dans la transparence. Les vrais déguerpis devant être séparés des faux.

Abdrahamane Dicko

13 Mai 2009