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Miss Ortm Mali 2012, Zalihatou Maïga, à propos de la crise sociopolitique au Mali : «Rien ne vaut le dialogue. Les armes, la haine, la vengeance, la soif du pouvoir ne peuvent nous apporter que des regrets… »

« J’avoue que ce qui me tient à cœur, c’est de m’impliquer dans la lutte contre l’insécurité dans notre pays en général et de contribuer à la consolidation de la paix dans le Nord Mali en particulier. Il faudrait que tout Malien noir ou blanc, où qu’il soit comprenne que rien ne vaut la paix, l’unité est ce qu’il y a de mieux pour un pays. Mes dauphines et moi mettons notre mandat sous le signe de la paix… » Tels sont les propos que tenait la Miss Ortm, Zaliahtou Maïga, quelques jours après son sacre. En compagnie de ses dauphines et de Miss Kidal, elles avaient organisé une conférence de presse sur la situation brûlante au Nord Mali. Zaliahtou Maïga nous a accordé une interview, dans laquelle elle donne ses impressions sur la situation chaotique que vit le Mali.

L’Indépendant Weekend : Bonjour Zaliahtou Maïga, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

jpg_miss-ortm.jpgBonjour à tous je suis Zalihatou Maïga Miss ORTM 2012, j’ai 21 ans je suis étudiante à la Flash, en licence anglais unilingue, célibataire sans enfant pour l’instant.

Vous avez remporté le concours Miss Mali en 2011, quel bilan faites vous de votre mandat au jour d’aujourd’hui ?

Miss Ortm, c’est une aventure et jusqu’aujourd’hui tout se passe bien par la volonté de Dieu, seulement quelques petites difficultés, sinon tout va bien en général.

Être élue Miss cela implique une présence permanente dans les médias, mais aussi sur le front humanitaire. Comment vivez-vous cette expérience ?

Avec les médias je n’ai pas de problème, quand ils m’appellent pour des entretiens je suis disponible souvent même je me déplace et quand je suis prise par le temps je leur donne mon adresse mail et je réponds au questionnaire dès que possible. Quand au front humanitaire, nous faisons de notre mieux jusqu’à la date d’aujourd’hui.

Lors de votre sacre, Vous avez reçu une somme d’argent et de nombreux autres cadeaux de valeur dont une voiture de luxe. Comment avez-vous dépensé votre argent ?

J’ai reçu au total la somme de 2 750 000 FCFA, des cadeaux et la voiture. Recevoir une telle somme à la TV dans mon milieu ce n’est pas très évident qu’il t’en reste assez pour tes propres projets. Lorsque j’ai reçu cette somme j’ai voulu me chercher des partenaires afin de réaliser mon projet humanitaire, malheureusement avec tout ce que nous vivons comme trouble ces derniers temps, ce n’est pas évident d’y parvenir. Néanmoins il n’est pas trop tard car quand on vit on a toujours l’espoir!

Une Miss intervient beaucoup dans le domaine social. Peut-on savoir ce que vous avez fait à ce sujet depuis votre sacre ?

Depuis mon élection, j’ai formé beaucoup de jeunes filles qui rêvent d’être Miss et faire carrière dans le mannequinat et je le fais gratuitement. Je suis allée dans des écoles de la place, j’ai sensibilisé des jeunes filles que je continue de former. Nous comptons d’ailleurs entreprendre certaines de mes actions avec ces élèves. Par rapport à la situation qui prévaut dans le pays, vous vous rappelez que mes dauphines, la miss Kidal et moi avons tenu une conférence de presse à laquelle vous étiez d’ailleurs invitée, en faveur de la paix dans le pays. On ne s’est pas arrêté à cette conférence, nous avons organisé une soirée avec l’association des étudiants ressortissants de la région de Bourem, Tiken Jah Fakoly et moi, le samedi 12 mai dernier.

Les fonds récoltés permettront de venir en aide aux populations qui sont restées au Nord malgré le problème. Il faut aussi signaler que les problèmes que traverse notre pays ont ralenti l’exécution de beaucoup de mes projets. Néanmoins j’ai beaucoup échangé avec des associations à but humanitaire avec lesquelles je vais collaborer dès que la situation va se stabiliser.

Vous êtes originaire de la région de Gao, de nos jours cette région se trouve entre les mains des bandits armés. Comment vivez-vous cette situation?

Je suis originaire de deux régions du nord, ma mère une est une Tamachek de Tessalit et mon père un Songhaï de Bourem. Vous comprenez à quel point je suis terrassée par cette situation. A cause des évènements, ma mère s’est exilée dans un pays voisin comme bien d’autres nordistes à la peau claire, par peur des agressions comme certains de nos parents les ont subies.

Plusieurs artistes maliens de renommée internationale se sont prononcés sur la crise politique au Mali. En tant que célébrité avez-vous un message à lancer?

Mon message est à l’endroit de tous les maliens. Depuis mon sacre je ne cesse de dire, rien ne vaut le dialogue. Les armes, la haine, la vengeance, la soif du pouvoir, les tueries ne peuvent nous apporter que des regrets… Nous prions tous le bon Dieu pour que le Mali retrouve son intégrité territorial, sa renommé de djatiguiya et l’entente entre ses fils. Nous n’avons jamais de Dogon, de Peul, de Bambara, de Tamachek, mais seulement des Maliens!

Clarisse NJIKAM

cnjikam2007@yahoo.fr

L’Indépendant du 18 Mai 2012