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Les principaux groupes de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) ne s’entendent plus sur le reste du processus de mise en œuvre de l’accord. Les mouvements qui ne sont pas de Kidal accusent le MNLA et le HCUA de cavaler seul. Pour un observateur, ce n’est qu’un problème de « sou » qui divise la coordination.

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Après l’adoption par le gouvernement malien, le 14 octobre dernier en Conseil des ministres, du décret de nomination des autorités intérimaires, la CMA se déchire. Deux camps se réclament la paternité de la coordination. L’on assiste à des sorties médiatiques tantôt pour dénoncer le caractère non-inclusif du processus et tantôt pour féliciter le gouvernement.

Les responsables du CPA, du MSA et de la CMFPR-II ont catégoriquement rejeté le décret. A travers un communiqué tripartie, Ils menacent de s’opposer même au reste du processus. Motifs : « Nous ne sommes pas pris en compte dans ce décret. Nos populations ne sont pas représentées dans ces autorités intérimaires. A Ménaka, Gao, Tombouctou et Taoudénit, ces intérimaires ne nous gouverneront pas », a expliqué le secrétaire général du CPA, Mohamed O. Mohamedoun lors d’une rencontre avec la presse.

Quelques jours après, c’est au tour du MNLA, du HCUA et du MAA de saluer ce décret. A l’occasion d’une conférence de presse co-animée par Mamadou Diéri Maïga, Sidi Brahim Ould Sidatti et Ambeïry Ag Rhissa, ces mouvements félicitent le gouvernement pour cette décision et l’ouverture des écoles à Kidal. Des actes qui témoignent, selon eux, de l’engagement de Bamako pour la mise en œuvre de l’accord.

Mais, selon une source, ces querelles intestines prouvent que les dirigeants de la CMA ne  se  sont jamais souciés du bonheur des populations du Nord. « Ils ont pris les armes contre l’État pour se faire de l’argent. Avec l’installation des intérimaires, chacun veut bien positionner ses éléments dans les instances de gouvernance pour tirer plus de bénéfice. C’est la population qui sera la plus grande perdante. Ils auront le contrôle de tous et videront les caisses en détournant même les fonds dédies au développement », précise notre source.

Sory I. Konaté
19 Octobre 2016
©AFRIBONE