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Du 9 au 18 août s’est tenu dans les grottes de Tégargaret le congrès extraordinaire du mouvement «Alliance démocratique du 23 mai pour le changement».
Cet acte de haute trahison envers l’Etat et le peuple malien se passait au moment même où le général Kafougouna Koné travaillait à la mise en place du comité de suivi et du conseil régional provisoire à Kidal.

Comble du paradoxe, les insurgés prendront prétexte du retard pris dans l’application des accords d’Alger pour se mettre définitivement hors la loi. Ils ont alors mis en place une instance dirigeante composée d’un conseil consultatif et d’un bureau exécutif.

Ce n’est ni plus ni moins qu’une structure politico-militaire comme on en voit dans toute rébellion armée digne de ce nom, qui tient lieu tout à la fois d’un parti politique, d’un gouvernement et d’une armée.

En somme, tous les attributs d’un Etat souverain. Commandé par un civil, en l’occurrence Iyad Ag Ghaly, le comité exécutif du mouvement touareg est animé par quatre autres militaires. Il s’agit du colonel Hassan Fagaga nommé chef d’Etat major général, du commandant Ba Mossa (chef d’Etat major général adjoint), du commandant Ada Ag Massamad (chef d’Etat major opérationnel) et du capitaine Barka Cheick (secrétaire chargé de la sécurité).

Les insurgés ont tracé tout un programme d’activités dont notamment le suivi des accords d’Alger qu’ils viennent de violer, la protection des droits de l’homme et des minorités, le soutien à la scolarisation, la promotion et la création d’emplois dans la région de Kidal. Mais le plus inquiétant et qui en dit long sur leurs intentions est qu’ils envisagent de «participer, coordonner et suivre la mise en œuvre des programmes de développement et des ressources minières».

Mais aussi et surtout les rebelles veulent encourager et promouvoir, en lieu et place de l’Etat du Mali, une politique de partenariat au niveau national et international, créer toutes les conditions pour assurer eux-mêmes la sécurité de la région, promouvoir les valeurs culturelles de la tribu touarègue et prôner une politique de bon voisinage. Avec la République du Mali ?

Sait-on jamais, car non contents de tout cela, ces criminels enturbannés ont décidé de commémorer la journée de l’attaque sanglante du 23 mai et la mise en place d’un répertoire des martyrs tombés pour la cause. Ainsi, les principaux chefs militaires de l’Alliance ont décidé de défier l’autorité centrale.

De ces événements, on peut tirer quelques enseignements. Le premier étant que les accords d’Alger n’ont pas apporté toutes les garanties nécessaires pour la prise en compte de toutes les préoccupations des insurgés, d’où la création de nouvelles structures en dehors de ces accords.

Qu’un civil prenne la tête d’une structure à caractère politico-militaire est en soi un acte de rébellion. Encore une fois, c’est la preuve que ces gens-là n’ont pas renoncé à leurs velléités irrédentistes et à leur projet d’assurer «une large autonomie» pour la région de Kidal, voire tout simplement l’indépendance. Ce qu’ils n’osent pas réclamer pour le moment pour des raisons stratégiques.

En second lieu, comment comprendre que des officiers de l’armée malienne (colonel Hassan Fagaga, commandant Ba Mossa, commandant Ada Ag Massamad, capitaine Barka Cheick) qui, malgré leur désertion et l’attaque des camps militaires de Kidal et de Ménaka, le 23 mai dernier, conservent et leur grade et leur fonction au sein des forces armées maliennes (à notre avis, ils n’ont pas été radiés) puissent aller créer une structure militaire parallèle dont ils deviennent respectivement le chef d’Etat major général, le chef d’Etat major général adjoint, le chef d’Etat major opérationnel et le secrétaire chargé de la sécurité ?

Autant dire que nous avons désormais deux armées en République du Mali, à moins que l’une ne soit venue pour combattre l’autre. ATT, si prompt à trouver toutes les vertus aux accords d’Alger, serait bien en peine de donner une quelconque explication de cette seconde armée au nord Mali.

En réalité, il faut convenir que ce sont les structures et les symboles du futur Etat de Kidal qui se mettent en place. Avec la bénédiction de Koulouba et les applaudissements de certains partis politiques irresponsables.

Mamadou Lamine DOUMBIA

Compte rendu et résultat du congrès de Tégargaret

L’Alliance démocratique du 23 mai pour le Changement est née dans un contexte particulier lié à l’absence d’une volonté politique de l’Etat malien, à prendre en compte les préoccupations majeures des populations des régions du Nord, entre autre politique, développement etc.

L’alliance a tenu du 9 au 18 août 2006 son premier Congrès. L’ordre du jour comme précédemment annoncé le 06 août sur notre site était l’élaboration du règlement intérieur et la restructuration des organes du mouvement qui sont : le Conseil Consultatif et le Bureau Exécutif.

Après plusieurs journées de débats très démocratiques et fructueux, nous avons procédé à la lecture, l’amendement et l’adoption de notre règlement intérieur. Après nous avons continué par la mise en place du Conseil Consultatif et du Bureau Exécutif.

Dans le règlement intérieur il faut souligner que l’Alliance Démocratique du 23 mai pour le Changement se fixe pour buts et objectifs :

1- Le suivi et l’application de l’accord d’Alger qui garantit le statut particulier des régions du Nord et de Kidal en particulier

2- Lutte pour la protection des droits de l’homme et des minorités

3- Promotion et soutien à la scolarisation

4- Prôner une politique du consensus pour préserver la cohésion sociale

5- Participer coordonner et suivre la mise en œuvre des programmes de développement et des ressources minières

6- Promotion, création d’emploi

7- Reconnaissance des martyrs du mouvement et soutien aux ayant droits

8- Entreprendre des actions sociales visant à améliorer les conditions de vie des populations

9- Alphabétisation et formation professionnelle a l’endroit des jeunes

10- Promouvoir l’accès à la santé

11- Protection de l’environnement

12- Encourager et promouvoir une politique de partenariat au niveau national et international

13- Créer toutes les conditions pour assurer nous-mêmes la sécurité de la région

14- Promotion de nos valeurs culturelles

15- Prôner une politique de bon voisinage

16- Commémoration de la journée du 23 mai et mise en place d’un répertoire des martyrs tombés pour la cause depuis.

Durant ces 09 jours de débats, nous n’avons pas manqué de choisir notre Bureau Exécutif, c’est ainsi que sont désignés de manière consensuelle pour les fonctions suivantes:

– Secrétaire Général, Mr Iyad AG AGHALY
– Chef d’Etat major Général, Colonel Hassan AG FAGAGA
– Chef d’Etat Major Général Adjoint, Commandant Bah MOSSA
– Chef d’Etat Major Opérationnel, Commandant Ada AG MASSAMAD
– Secrétaire Chargé à la Sécurité, Capitaine Barka CHEICK
-Secrétaire aux relations extérieures, Hama AG SIDAHMAD
– Secrétaire chargé de l’Education et formation, Inamoud AG BACHAR
– Contrôleur Général, Hamma AG MOSSA
-Secrétaire à la Communication et sensibilisation, Bayes AG HAMDI
– Secrétaire aux affaires sociales, Sidi Mohamed AG MOSSA
– Secrétaire aux affaires administratives, Intiyass AG AKLI
-Conflits et Réconciliation, IBRAHIM BAHANGA
– Secrétaire aux Finances, Dayti AG SIDAMO
– Secrétaire aux relations internes, Cheick AG AOUSSA
-Secrétaire à la mobilisation, Khaled AG MAHAMAD
– Secrétaire à l’Organisation et protocole, Ahmed AG AWINAWANE
– Secrétaire chargé des relations avec les ONG, Alkassim AG SAGHID
– Porte-parole de l’Alliance, Ahamada AG BIBI.

La ville de Kidal ressemble toujours à un état de siège

Malgré l’envoi de nos représentants pour le Comité de Suivi de l’Accord d’Alger, Kidal donne toujours un visage de guerre. Fouille des personnes, présence exagérée des éléments armés à tous les points et toutes les entrées de la ville (même au centre ville).

Notre délégation conduite par Ahmada Ag Bibi, signataire de l’accord d’Alger du 4 juillet était composée de:
-Abdou Salam Ag Assalatt,
-Mohamed Ag Aharib et
-Le Capitaine Haroun Ag Saghid.

Et à propos des fouilles, après celles des personnalités survenues sur le député de Kidal et sur le Président du conseil de cercle de Kidal, le 11 août au matin, le poste d’entrée de Kidal voulait fouiller systématiquement notre délégation qui a affiché un refus catégorique et a même proposé de faire demi tour sur Tighar Ghar au cas où, ils doivent être fouillés.

Le poste de contrôle, après avoir contacté ceux qui leur ont donné l’ordre de procéder à la fouille et après des débats houleux qui ont duré presque 1h30, notre délégation faisait enfin son entrée en ville pour rejoindre la salle de conférence où les attendait le ministre de l’administration Territoriale pour l’installation officielle du comité.

Après cette installation, le travail commença de suite et nos délégués à Kidal nous ont confirmé avoir mis sur place le premier groupe de travail: le Groupe Technique de Sécurité dans lequel trois officiers ont été désignés de chaque côté des trois composantes du comité, les nôtres sont :
-Le Commandant Mahmoud Ag Mohamed Bachir
-Le Commandant Ada Ag Massamad
-Le Capitaine Malik Wanasnatt.

22 août 2006.