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L’unité du Mali, jalousement sauvegardée par les deux régimes qui se sont succédé après le 22 septembre 1960, est en lambeaux depuis la signature de l’accord d’Alger en 2015. Avec cette cogestion dans les cinq régions du Nord, le Mali de nos rêves est désormais arrangé dans les musées.

Si les autorités maliennes affichent un air de satisfaction chaque fois que l’occasion leur ait donné pour s’exprimer sur l’application de l’accord signé avec le diable que notre pays a honoré tous ses engagements, elles ne mesurent pas le danger de partition qui guette le Mali et le renforcement de l’autre camp qui se prépare activement à prendre son indépendance vis-à-vis de la mère-patrie.
Nous ne sommes pas surpris si le pays se trouve dans cette situation chaotique sciemment organisée, planifiée et dont l’exécution du plan a été confiée à leurs parrains avec lesquels ils tirent d’énormes bénéfices sur le dos du pauvre peuple malien, réduit à la cherche de la pitance quotidienne. Et pour se moquer des Maliens qui, malheureusement, croient toujours à un coup de baguette magique de la part des femmes et des hommes qui constituent encore leur problème, ils ont, à travers des sociétés écrans à la tête desquelles on retrouve leur fratrie, signé des contrats faramineux avec les forces d’occupation onusiennes et françaises.
Uniquement dans le but de maintenir leur train de vie, artificiellement crée par l’argent volé au peuple et de sauver aussi la classe moyenne consommatrice des produits de l’Occident qui inondent nos alimentations et supers marchés. Cette classe moyenne, dont la création en Afrique était une des exigences de l’Occident pour imposer ses hommes de mains à la tête des Etats africains, doit son existence à l’argent de la corruption, de la surfacturation, des commissions et retro commissions, du trafic de la drogue, de l’accaparement des terres des paysans, du vol crapuleux des biens publics et du détournement de deniers publics… S’attendre de quelque chose de potable venant de telle catégorie de dirigeants relève de la félonie et de la cécité intellectuelle.

Malheureusement, c’est ce qui est arrivé à notre pays qui a été trahi depuis l’arrivée au pouvoir en 1992 des aigris de l’ex-parti unique, UDPM (Union démocratique du peuple malien). Et cela continue de plus bel avec la démission des cadres dont une grande majorité au lieu d’être du côté du peuple pour la bonne marche de la cité, ont sacrifié leurs compétences et talents sur l’autel des nominations pour des postes à responsabilité dont la durée de vie n’excède pas huit mois.
Conséquence : la perte des valeurs de probité, du respect de la chose publique, d’abnégation. Pourtant, il est connu de tous que sans ces valeurs, la vie en société n’a plus de sens et n’a rien à envier à un règne animal, où la loi du plus fort est toujours la meilleure.
Au lieu d’être unis dans la dignité, l’honneur pour affronter et combattre l’ennemi, on lui tend la main en fredonnant que sans lui les djihadistes allaient poser leurs valises à Bamako pour instaurer leur califat. Que de bluff et de mensonges ! La France est venue à l’appel des traites maliens qui animent la classe moyenne et dévoratrice des produits européens pour préserver ses intérêts et protéger les hommes de la nouvelle société afin qu’il n’y ait pas de rupture de ravitaillement de ses protégés en produits venant de la France.
La camisole de force, c’est-à-dire la mise en place des autorités intérimaires, qu’on tente de nous faire porter au nom de la paix et de la réconciliation, consacre de façon définitive la partition de notre pays. Comment un Etat digne de ce nom peut volontairement confier la gestion de 5 régions administratives de notre pays à des criminels de grand chemin dont l’ambition est de continuer à pratiquer leur sport favori : le trafic de tous genres.

Les Maliens doivent comprendre que la partition est consommée depuis la réunion de la semaine dernière. Une réunion au cours de laquelle le gouvernement malien s’est engagé à tourner le dos aux 5 régions créées pour répondre à des aspirations séparatistes. Cette cogestion d’une bonne partie de notre territoire donnera l’occasion aux bandits d’affiner leur gestion administrative avant de provoquer une douloureuse séparation.

Yoro SOW

L’Inter de Bamako du 20 Juin 2016