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Jeamille Bittar, réélu à la tête de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM) à l’issue des élections du 1er octobre dernier se trouve dans une position moins confortable compte tenu des agissements du camp de Ousmane Guittèye qui déploie tous les moyens pour la mise en place d’une administration provisoire à la tête de l’institution. “Cela est contraire aux textes qui régissent la CCIM et si le gouvernement se hasardait à le faire, nous allons attaquer le décret devant les tribunaux”, a martelé un responsable du camp vainqueur.

Les opérateurs économiques du Mali, toutes sections confondues (service, industrie, commerce) sont regroupés autour de la CCIM qui est chargée de donner un élan à l’activité économique et de défendre les intérêts de ses membres auprès des autorités.

QUE DISENT LES TEXTES?

Selon les textes qui la régissent, les membres consulaires sont désignés à l’issue d’élections. C’est ainsi que plusieurs opérateurs économiques se sont succédés à la tête de la CCIM. L’élection de Bittar en 2002 à sa présidence a permis d’insuffler un sang nouveau et il a posé des actes concrets durant son mandat de 4 ans. Ce bilan positif de Jeamille Bittar est même incontestablement reconnu par ses adversaires.

A l’expiration de son mandat, le ministère du Commerce et de l’Industrie, assurant la tutelle a organisé de nouvelles élections. Pour cela, deux tendances étaient opposées, celle de Jeamille Bittar, candidat sortant et la tendance pilotée par Ousmane Guittèye.

LE RAPPEL DES FAITS

Les élections se sont tenues à cet effet le 1er octobre dernier au Centre International de Conférences de Bamako ( CICB). Il a été pris d’assaut par les opérateurs venus exprimer leur suffrage, mais aussi par des badauds. Le camp de Guittèye a aussi recruté des loubards qui ont semé la pagaille en y agressant les adversaires et empêchant plusieurs partisans de Bittar à voter.

La commission d’organisation, présidée par le magistrat Solomane Coulibaly, après dépouillement des résultats, a proclamé les résultats qui ont déclaré vainqueur le camp Bittar dans le District de Bamako et dans la quasi-totalité des régions du pays. Ainsi, le camp Guittèye, constitué par les 7 milliardaires qui étaient tous inscrits sur la liste commerce remportée par Bittar, a perdu toute chance de devenir membre consulaire.

Alors, ils ont posé des actes d’intimidation et ont menacé de créer une chambre bis. Ils ont, en outre, introduit une plainte devant le tribunal administratif, mais ont été déboutés de leur demande. Ils furent alors obligés de se pourvoir devant la Cour Suprême. Pour le moment, celle-ci ne s’est pas prononcée, l’affaire est donc pendante.

Mais, de nos jours, des rumeurs folles circulent dans la ville de Bamako. Les partisans de Guittèye font croire à l’opinion publique nationale que le gouvernement va mettre en place dans les jours à venir une administration provisoire pour gérer la CCIM.

DES RUMEURS NON FONDEES

Les agents du ministère de l’Industrie et du Commerce que nous avons rapprochés ont affirmé qu’il n’en est pas question, car ce serait contraire aux textes qui régissent la CCIM.

Que disent les textes ? L’article 25 du décret fixant l’organisation et le fonctionnement de la CCIM stipule : “lorsqu’une contestation n’est plus possible et que les résultats des élections sont devenus définitifs, la nouvelle assemblée consulaire est installée dans les 15 jours qui suivent. Jusqu’à cette installation, l’ancienne chambre reste en fonction”.*

Cet aliéna 2 de l’article 25 est très clair, en cas de crise à la CCIM, ou en cas de trouble, c’est le bureau sortant qui gère l’institution jusqu’à l’installation définitive des nouveaux membres.

Mais, malheureusement, avec la complicité de certains agents du département de tutelle, on veut amener le gouvernement sur un terrain glissant. En effet, leur stratégie est de pousser le président de la République à prendre un décret en conseil des ministres pour nommer une administration provisoire.

Cela est dangereux, dans la mesure où il créera une situation sans précédent dans notre pays et ouvrira la porte au désordre. Car, c’est l’autorité de l’Etat qui sera ébranlée. Les élections sont organisées pour départager les candidats, le vaincu ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

En la matière, il n’y a pas d’état d’âme à gérer. Une personne ou un groupe, quelle que soit sa puissance, doit se conformer aux textes du pays.

Mamadi TOUNKARA

08 décembre 2006.